Coulisses

Depuis 1979, les médias les plus téméraires parlent à grand-peine des morts africains en fin d'émission, la faute à ces satanés « accidents de circulation » probablement aux torts de ces nègres de piétons.
D'ailleurs, toutes les victimes africaines, tombées jusque-là sous les roues du Paris-Dakar sont anonymes, presque invisibles.
A partir d'aujourd'hui, elles ne le seront plus...
Vendredi 13 janvier 2006, Boubacar DIALLO (10ans), Guinéen, est tué par Maris SAUKANS et Andris DAMBIS concurrents n°420 (Auto) du Paris-Dakar
Samedi 14 janvier 2006, Mohamed NDAW(12 ans), Sénégalais, est tué par une voiture d'assistance du Paris-Dakar.
Pour ces 2 enfants, SHERAZE et les Minots ont chanté "Stoppez le Dakar" à Marseille. A écouter et à télécharger sur le site.
Actions supprimer le Rallye Dakar sur le site
Pétition en ligne : http://www.gopetition.com/petitions/appel-suppression-du-rallye-dakar.html

Les coulisses du rallye Dakar, tous ce que les médias ne vous disent pas, et ce n'est pas faute d'envoyer des centaines de journalistes suiveurs...très suiveurs!

Écrit par T?l? d?cod 

Les enfants du Dakar 
Il y a cette belle scène au début de Lawrence d’Arabie : Sur la route de la révolte arabe, Peter O’Toole s’arrête en plein désert pour boire l’eau d’un puits. À cet instant, Omar Shariff, surgi de nulle part, lui interdit de boire l’eau de « son » puits. Une belle amitié naîtra de la confrontation mais l’idée reçue du spectateur a pris du plomb dans l’aile : le désert n’est jamais désert. 
Paris Dakar. Le 18 janvier 1988, Jacques Houot et Jean Bernard Moles écrasent une petite fille de dix ans entre Bamako et Kayes au Mali. Au JT du soir, le présentateur parle de l’accident. Pas d’images. Il enchaîne sur le vol de la Peugeot de Vatanen. Images : le pilote heureux d’avoir retrouvé son auto. Le pilote heureux d’avoir retrouvé dans son auto, sa mascotte, une peluche nommée Victor. Ainsi la mascotte de Vatanen s’appelait Victor ! Mais comment s’appelait la petite fille ? 
Rien de neuf sous le soleil
Dix huit ans plus tard, ce 13 janvier, Maris Saukans et Andris Dambis écrasent un petit garçon de 10 ans en Guinée. La télévision ne donnera pas son nom, mais aujourd’hui le net peut dire tout bas ce que la télé devrait dire tout haut. Le petit garçon s’appelait Boubacar Diallo. À part cela, rien de nouveau. Absence d’images. En 20 ans l’exigence de sécurité routière a beaucoup augmenté. On parle aujourd’hui ni plus ni moins de criminalité routière pour qualifier les comportements irresponsables. Pourquoi pourrions-nous faire ailleurs ce que nous croyons devoir nous interdire ici ? Pourquoi considérer là-bas comme un exploit ce qui, chez nous, serait lourdement puni ? Au lendemain de l’accident de 1988, Jean Pierre El Kabbach interviewe le co-pilote qui n’a qu’une seule inquiétude : la police a retenu le conducteur au commissariat. Que fait Gilbert Sabine pour le faire libérer ? Pas un mot pour la victime. On en pense quoi aujourd’hui de cette parole-là ? Un rallye est une épreuve sportive : belle mais dangereuse. Dans ces pays où les routes sont des pistes, on devine que l’état n’a pas pour priorité la sécurité automobile. Pas d’hélico pour surveiller les embouteillages. Pas de rond-points à chaque croisement. Peu de panneaux routiers. Pas de trottoirs, de pistes cyclables, de feux rouges, d’éclairage routier. On sait que les autorités locales ne pourront pas sécuriser le circuit. Ou insuffisamment. Non seulement les villageois qui viendront voir les concurrents ne seront pas plus prudents que ceux d’Europe au cours de manifestations du même type, mais ils seront plus ignorants des dangers. Un enfant de dix ans qui n’a jamais vu d’autoroute n’a aucune idée de ce qu’est une voiture roulant à 130 kms/heure. La voiture de Saukans et Dambis faisait du 130 km/heure. Si un automobiliste traversait un village du Brabant wallon ou de Franche Comté et fauchait un enfant à 130 km/h, que ferait la télévision ? Ne serait-ce pas la Une du JT ? N’aurions-nous pas droit à des témoignages ? À une reconstitution ? À quelques déclarations politiques fracassantes sur des projets de répression accrue ? Ne verrions-nous pas les parents en larmes, les voisins en colère, les camarades de classe en état de choc ? Le psychologue qui les assistera demain matin en classe ? Ne verrions-nous pas des images bouleversantes des obsèques ? Et là ? Rien ! Pas une seule image ! France Télévision a envoyé 14 équipes pour couvrir le récent congrès du PS français mais il n’y aurait pas une seule équipe disponible pour couvrir les tragédies du Paris Dakar, grande compétition française, événement annuel super médiatisé ? On a beau se dire que les journalistes sportifs sont peut-être moins doués que d’autres pour traiter les sujets de société, quand les athlètes israéliens furent pris en otages aux jeux olympiques de 1972 à Munich, n’ont-ils pas délaissé avec raison le stade fraternel pour l’arène sanglante ? Savoir s’il faut regarder le doigt ou la lune, ne serait-ce pas l’abc du métier ? Pourquoi aucun d’entre eux n’a-t-il eu le cœur et l’âme de descendre de son 4x4 et de nous raconter comment les habitants d’un village africain ont vécu la mort de leur enfant ? Ce qu’ils pensent, eux, de ce qu’il faudrait faire à l’avenir ? Avec le temps et les épreuves, on est pourtant censé apprendre. Des accidents mortels, le Dakar en a déjà connu beaucoup. Serait-ce la règle du récit sportif qu’ils passent éternellement par profits et pertes ? Que les chiens aboient, que les mères pleurent et que la caravane passe, méprisante, à travers tout. Qu’on se contente de dire que la course est endeuillée. Comme si c’était la course qui était endeuillée et non les familles des enfants morts? 
Conscience endormie
Je n’ai pas de réponse à cette question : Pourquoi la télévision, ses journalistes, ses images ont-elles parfois cent ans de retard sur l’éthique des téléspectateurs ? Pourquoi, quand elle passe de la soirée 11-11-11 à l’étape du Paris Dakar, la télé change-t-elle totalement de discours et nous donne-t-elle soudain une image de colonialistes indifférents aux misères du monde ? Que disent, que font, ces rédacteurs en chefs, ces directeurs, ces PDG, ces conseils d’administrations, ces membres de Conseils supérieurs de l’audiovisuel, tous censés être les gardiens de la déontologie, de l’information citoyenne, de l’éthique du service public, des valeurs humanistes, passons-en et de plus hautes encore ? Qu’ils se taisent une fois, c’est déjà une fois de trop, mais pourquoi à jamais ? Année après année ? Comme s’ils étaient lassés de l’avoir tant dit alors qu’ils n’ont pas commencé de le dire ? Sont-ils aveugles à la contradiction et à l’indécence ? Ou se sont-ils endormis devant la télévision ? 
Télé décodée
http://site.voila.fr/gheude/page6.html

 

Écrit par Jaime la politique 

Le Dakar et la beauté du sport
Le sport, le dépassement de soi, le goût des défis ... Voilà ce que l'on entend depuis quelques jours dès que l'on aborde la course du Paris-Dakar. Aujourd'hui, nous avons eu droit aux hommages répétés à monsieur Sabine, fondateur de cette course stupide dans le désert même si on peut lui accorder une légitime passion pour l'automobile. Si l'on ajoute à cela que Balavoine était aussi de ce dernier voyage, on comprend que nos chères télévisions endormies se précipitent sur cette actualité. On oublie simplement que ces deux personnages, et d'autres, ont été tués non en voiture ce qui pourrait sembler logique dans un rallye automobile, mais dans un hélicoptère. Le Dakar n'a aujourd'hui plus grand chose à voir avec un défi sportif tant les camions, les hélicoptères, les GPS et autres outils informatiques font de cette course un simple miroir d'inégalités financières et technologiques. Si on a une quelconque sensibilité environnementale, on comprend encore moins le sens de cette course qui pollue un milieu naturel bien plus fragile qu'il n'y paraît, le désert. 
Toutes aussi désertiques furent les commentaires sur la mort d'un jeune guinéen d'une dizaine d'années venu avec ses parents admirer le spectacle ... Il ne s'agit pas ici de faire de la repentance anti-coloniale ou de supposer les organisateurs de racisme. Il s'agit simplement de douter de l'opportunité d'une course qui n'a de défi à relever que celui de l'ensablement et de la chaleur, mais qui surtout est chaque année meurtrière. La mort de ce gamin serait profitable si elle entraînait une révolution du Dakar: pourquoi ne pas faire la course à pieds, en chameaux ou dromadaires ? Ou si l'aspect automobile de la course est si essentiel, pourquoi ne pas en faire un outil de promotion des véhicules propres en utilisant des voitures entièrement propres ? Le sport n'en serait pas moins beau….
Mais rassurez-vous, amis lecteurs et fans de ces exploits sportifs, la course n'est pas en danger. Comme un clin d'oeil, alors que je venais de publier les lignes ci-dessus, Le Monde indiquait sur son site internet qu'un deuxième enfant, de 12 ans, avait été tué aujourd'hui même. Mais il n'est bien entendu pas question de changer les habitudes ni de remettre en cause le podium qui sera l'occasion d'une effusion de joie des héros du désert. Après tout, qu'est-ce que la vie d'un enfant ? D'autant que le hasard fait bien les choses: l'accident, provoqué par un camion d'assistance, donc entraînant une responsabilité de la course, a eu lieu sur une route nationale, de quoi déculpabiliser les partisans de ce défi; et puis, la famille étant musulmane, l'enfant sera inhumé dans les prochaines heures, de quoi étouffer plus vite ses cris et l'éventuelle émotion qui aurait pu nous frapper. Comme disent les cons dans ces moments-là, vive le sport!
 http://www.u-blog.net/jaimelapolitique/note/90 

Forum de l’article

  je me demande bien ce que nous dirions si les sénégalais organisaient chaque année le rallye Dakar Paris et s'ils écrabouillaient des gamins en traversant des villlages du larzac ?

L'afrique n'est plus que le terrain de jeu, la décharge des occidentaux : elle asphyxiée par notre commerce unilatéral, nos industries alimentaires ou pharmaceutiques sans scrupules, vidée de ses ressources, détruite par la famine et le SIDA (que nous n'aidons pas à vaincre en gardant nos politiques scandaleuses envers ce continent)

Bref, les africains, tout le monde s'en branle...alors un gosse écrasé sur une piste.... 
2006-01-15 14:36:17 de amelichan
pour le rallye ok mais j'avoue que je ne suis pas d'accord avec ton deuxième § 
2006-01-15 20:11:28 de torvik
parce que tu considères que nos gouvernements font en sorte que l'Afrique se développe? il suffit de voir les négociations de l'OMC pour voir que beaucoup de politiques d'aide au développement ne sont que des façades... 
2006-01-15 20:20:54 de amelichan
oups ça a bugué...
Donc je disais que faire une course dans le désert ca me dérange pas trop mais passer dans des village ou même à proximité je trouve ça débile... Qu'un motard se tue : c'est dommage mais il connaissait les risques et quand on se crash à 140km/h c le cimetière  assuré... mais que 2 enfants meurent c'est un scandale...
Le Dakar ça me fait penser à ces safaris du 19ième faits par de riches aventuriers... ça sert à rien et c'est dangereux pour tout le monde ...

Pour le débat : c'est clair que l'Afrique est déconsidérée par les politiques occidentales mais comme dirait mon prof de géo africaine : le problème vient aussi du manque de maturité de l'Afrique notamment de l'ouest... 
2006-01-15 21:08:35 de matthias
l'Afrique a besoin d'aide, c'est indéniable mais l'Afrique a aussi besoin de prendre son destin en main, de montrer qu'elle veut s'en sortie, de chercher l'union plutôt que la division 
2006-01-15 22:13:29 de torvik
c'est vrai tu as raison, mais nos politiques (notamment commerciales) sont loin d'aider leur situation. Je prends un exemple : pour prendre son destin en main, il faudrait pouvoir exporter ses produits ou ses services, hors les subventions agricoles des européens ou américains créent des situations scandaleuses : trouver notamment du coton américain au Mali moins cher que le coton malien ! De plus, nous n'ouvrons pas suffisamment nos marchés pour eux.

Mais je pense aussi qu'il y a une tradition occidentale a considérer l'Afrique comme une proprieté : le rallye en est un bon exemple. J'aimerais savoir si les sponsors de la course, total, france télévision,etc... utilisent les profits gagnés pour faire quelque chose là bas où se content-ils de polluer les contrées et d'écraser les gosses? 
2006-01-16 08:13:58 de amelichan
Un participant décédé c’est triste, mais il savait les risques en participant au Dakar, mais le décès de deux enfants de 10 et 12 ans, heurtés par des véhicules durant la course, c’est dramatique et pourtant cela laisse presque sans réaction les participants et organisateurs du rallye, comme ce témoignage de Luc Alphand, vainqueur de la catégorie auto, et qui déclarait : « Je n’aimerais pas que ça arrive devant ma voiture. Dans ce cas-là, peut-être que ça pourrait changer ma vision des choses. Mais si tu ne vas pas au ski, tu ne mourras pas dans une avalanche. »

Quelle course automobile, aurait continué si ces drames se serait passé sur le territoire français ou en Europe ? La vie de deux petits Africains a-t-elle la même valeur que celle de deux petits Européens ? Les responsables du Dakar ont dit vouloir continuer à travailler pour que cela ne se reproduise plus, nous verrons bien mais j’ai peur qu’il y ait d’autres décès à l’avenir. Quand les riches s’amusent chez les pauvres, voilà comment je défini le Paris-Dakar.

Il faut vraiment s'interroger sur la poursuite du rallye. L'argent qu'il procure aux villages, les puits que l'on fore, doivent pouvoir être apportés aux populations d'Afrique sans que des vies ne leur soient volées.

Arnaud Mouillard - http://hern.over-blog.com/article-1638460.html 
 

Écrit par G.Dauxerre - J.Camus   

Des éditorialistes reviennent, samedi 14 janvier 2006, sur la mort d'un enfant guinéen lors de la 13 è étape du Paris-Dakar.
 
 Gilles Dauxerre LA PROVENCE 
" (...) Non! Si ce petit garçon est mort, c'est parce que les pistes africaines continuent de servir de terrain de jeu à des amateurs de vitesse européens qui ne peuvent pas assouvir leur passion violente chez eux. Passe encore qu'ils effraient les chameaux et les scorpions dans les dunes du Sahara, en faisant aussi abstraction de la pollution qu'ils infligent au désert. Mais leur course folle au milieu des villages du Mali, de Guinée ou du Sénégal est devenue criminelle. L'Afrique qui se débat dans des problèmes politiques, économiques, sociaux et sanitaires incommensurables, mérite autre chose. Les pseudos aventuriers du rallye "Dakar" seraient mieux inspirés d'investir leur argent et leur énergie dans des programmes d'aide efficaces et moins meurtriers. Certains, concurrents, comme Bruno Saby, ont heureusement pris conscience des dangers de cette course automobile en s'interrogeant sur sa pérennité. En disant "stop", ils sauvent, au moins, notre honneur." 

Le petit Boubacar Diallo ne doit pas passer par les profits et pertes d'une compétition "inhumanitaire". On préfèrerait qu'il soit vivant et faire notre deuil du Dakar." 

Jacques Camus LA REPUBLIQUE DU CENTRE  
"Il y a vint ans, jour pour jour sur le Paris-Dakar, l'hélicoptère de Thierry Sabine s'écrasait dans le désert malien. En ce samedi, l'anniversaire sera triste, encore plus triste, parce que, d'année en année, le "Dakar" n'en finit pas de laisser des morts sur son passage et de pleurer de nouvelles victimes. (...) Les opposants au "Dakar", qui prêchaient dans le désert depuis quelques années, vont assurément retrouver des arguments (et surtout une écoute) pour dénoncer les méfaits de cette néo-colonisation motorisée. Leur combat s'était quelque peu enlisé dans les sables de l'idéologie, et l'indifférence du grand public était le plus sûr allié des organisateurs. Ce n'est sans doute pas par hasard qu'ils ont éliminé depuis deux ans tout trajet en France. Il ne fallait pas, par d'intempestives manifestations, gâcher la fête des fanas de la "libre circulation automobile". Il reste qu'aujourd'hui, il devient de plus en plus difficile de justifier une hécatombe inutile.

Écrit par Claire Aymes   

 

Libre adaptation du texte Avé César de David Grossman

Persévère, ô Paris-Dakar. La mort nous guette à chaque instant, mais toi, notre maître, persévère. Ne laisse pas nos vies et nos morts misérables se mettre en travers de ton chemin. Tu as un plan. Nous en sommes sûrs. Et pour cette raison, nous sommes persuadés que tout ce que nous voyons autour de nous n’est que le prélude d’un futur radieux, une idée brillante qui, un jour, changera la face du monde.
Tu sais, l’air désespéré de l’Afrique n’est qu’une façade. Elle n’a pas vraiment le sentiment d’abriter des morts-vivants. Nous croyons à tes promesses de développement, ô Paris-Dakar. 

Nous le sentons venir à grands pas ailés. Tu forceras nos ennemis (les ANTI) à nous aimer, quoi que nous fassions. Tu nous débarrasseras des obscures voix discordantes, et à la place, tu installeras des célébrités plus accommodantes et moins regardantes. Et alors, en un clin d’œil, le cœur de nos ennemis se remplira d’amour pour nous. Ils nous pardonneront toutes nos mauvaises actions, et même, ils les justifieront, et ils reconnaîtront qu’elles avaient un but.
Nous n’avons aucun doute sur ta capacité à réinventer la nature humaine, et nous savons que tu es l’ évènement qui saura façonner ce continent, et l’amener à accepter ce que nous lui offrirons, et même à accepter ton refus total de lui donner quoi que ce soit. Ce n’est pas parce que personne, quelle que soit sa puissance, n’a jamais réussi à perpétuer une telle occupation, dans de telles conditions, que c’est une loi de la nature.
 Nous pouvons être les premiers ! Pourquoi pas ? Seulement, nous t’en supplions, il faudrait que tu bouges. Parce que, comment dire ? Il ne restera bientôt plus personne. Ni sponsors, ni participants.
Illustre Paris-Dakar, les temps sont un peu durs, au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, mais tu l’as remarqué, bien sûr. Mais tu es fort, bien plus fort que nous, il n’y a pas de doute. Nous sommes faibles, obnubilés par l'appât du gain, la recherche de notoriété. C’est pour cela que nous avons besoin de toi, pour nous conduire avec ta riche et puissante caravane, l’une des plus fortes du monde, vers un avenir nouveau, le temps du Loisir-Colon, comme on pourrait l’appeler (comme nous le faisions dans les années 50). Un avenir où chaque fois qu’un imprudent nous critiquera, nous frapperons en retour ! Ils nous vilipendent ici ? Nous les musèleront là. Ils mènent des guérillas sur le net? Nous userons de nos missiles de silence médiatiques. Quel déluge, et quelle idée géniale ! Ça, c’est ce qu’on peut appeler exploiter sa force à plein !
C’est vrai, parfois, l’ombre d’un doute s’insinue dans nos pensées délétères, sur les différentes définitions du courage et de la lâcheté, de la foi et du défaitisme. Il arrive qu’un petit démon antipatriotique nous murmure à l’oreille que peut-être, nous ne devrions pas être là et qu’il faudrait peut-être essayer de nous tirer de là. 
Quelquefois, des langues bien pendues ont le culot d’insinuer qu’avec les cartes absolues que nous avons en main, le désespoir, le comportement barbare , nous pourrions, d’une façon ou d’une autre, mieux nous comporter. 
Mais, évidemment, pour répondre à cela, nous avons un argument irréfutable : nous avons déjà essayé ! Nous leur avons tout offert, c’est un continent peuplé d’incapables et de paresseux ! Alors, à l’unisson, nous déclarons : « Mourons avec les Philistins ». Ça leur apprendra !

Parfois, il faut le dire, nous nous y perdons un peu. Pardonne-nous. Quand nous écoutons certains témoignages, nous commençons à nous demander si le plan est si intelligent et sophistiqué que cela, et s’il a vraiment des réponses à l’apocalypse qui se produirait si ces actions perduraient.
 Nous commençons à nous demander si, au nom de nos objectifs ludiques, tu n’as pas pris la décision stratégique de déplacer le champ de bataille, non chez l’ennemi comme il est d’usage, mais vers un domaine où règne la révolte la plus totale, celui de l’auto-anéantissement, où nous n’obtiendrons rien, et eux non plus : Un gros et gras zéro.
Mais ce ne sont que des vétilles, des pensées passagères. Tes loyaux sujets n’ont aucun doute sur ta sagesse et ta vision.
Très bientôt, il apparaîtra à tous qu’il y avait une raison profonde pour jouer de cette façon absurde, pendant des années, et pour accepter de « suspendre notre incrédulité », comme au théâtre, en attendant que l’intrigue se dénoue et que le secret se révèle. 
Quand, finalement, nous seront révélées ces raisons, qui pour le moment sont au-delà de notre entendement, nous continuerons encore à te soutenir de tout notre cœur. Nous qui allons continuer de mourir, par dizaines, nous te saluons.

Ave, Paris-Dakar, Morituri te Salutant!



 

 

Écrit par Bertrand Dubanchet   

Il était Team Manager, son témoignage
Un enfant de 10 ans vient encore de mourir à cause de l'imprudence et de l'esprit colonialiste des participants à cette épreuve ! Dans les statistiques publiées, on ne parle que des concurrents morts pendant cette course... 25, c'est déjà énorme ! Mais si on devait ajouter les enfants blessés, décédés... à quel chiffre en serait-on ?
En 1985, alors que j'étais jeune et con, j'ai moi même participé au Paris-Dakar en tant que team manager. C'était mon premier contact avec l'Afrique et je croyais m'engager dans une aventure humaine. J'ai malheureusement vite déchanté... Les grandes écuries de constructeurs commençaient à arriver et les enjeux étaient importants, tant médiatiques que financiers.
Malgrès les recommandations de Thierry Sabine, peu de pilotes "levaient le pieds" lors de la traversée des villages ou des zones peuplées, et je n'ai jamais entendu parlé d'un concurrent disqualifié pour avoir renversé un enfant ! La course continue... Lorsqu'un motard meurt pendant une étape, on avance l'heure du départ suivant pour respecter une minute de silence à sa mémoire et on neutralise l'étape du jour... Pourtant ce motard savait à quoi s'en tenir en tant que professionnel de la compétition.
Lorsque l'on l'on tue un Africain, on ne s'arrête même pas !!!
Le chrono tourne, et... on a peur de se faire lyncher par la population...

Petites anecdotes démontrant l'état d'esprit des organisateurs :
- Lorsque j'ai pris par à cette épreuve, toute la nourriture, toute la boisson (et une partie des carburants) étaient importés de France, par Africatours, à l'époque. Le bivouac était organisé de manière à ce que les population locales n'en tirent aucun profit, si ce n'est celui de ramasser les barquettes alu vides et les canettes abandonnées...
- L'organisation n'a jamais accepter de ramasser les épaves de voitures et motos accidentées, arguant même que cela pouvait servir aux populations autochtones, spécialistes de la récupération... L'Afrique doit être une poubelle ! Le même comportement en France est passible de fortes amendes.
- Je ne parle pas des conseils que Thierry Sabine donnait aux concurrents lors du premier briefing, concernant les mises en garde contre les populations des pays traversés...
 Une note positive, bien que personnelle. Ayant du abandonner la course assez rapidement, je la poursuivais à mon rythme et pu découvrir ce continent auquel je me consacre depuis dans une toute autre idée, celle du partage des cultures et des valeurs de l'Afrique avec un public français encore plein d'idées reçues et d'appréhensions.
 Continuez votre lutte. Les "canonballs" sont depuis longtemps interdits aux Etats-Unis et en France, et les participants à ces épreuves illicites sont passibles de peines de prison. Mais l'Afrique est un si pratique terrain d'essai...
 Bertrand Dubanchet
Association Mémoires et Cultures Orales.

QUI SOMMES NOUS

Un Collectif Actions pour les Victimes Anonymes du Dakar ( CAVAD) s’est constitué le 22 janvier 2006 à Marseille pour obtenir:
1) la suppression du Rallye Dakar
2) la juste réparation pour les victimes anonymes de ce rallye indécent