Communiqué de presse sur la Transafricaine Classic

Voyons les choses en face : si le crime ne payait pas, il n’y aurait que très peu de criminels. Laughton L. Burdock

L’ Armada du Dakar part désormais du Portugal. Faut il voir dans ce changement le fait que le tribunal administratif de Narbonne saisi par Tam-Tam Dak’Out ait annulé l’attribution d’une subvention de la ville de Narbonne, au motif que ce rallye n’avait pas d’intérêt communal ?
En effet, une telle décision peut être généralisée par tous citoyens contribuables, un peu procéduriers, de toutes les collectivités locales de France.
Ainsi une part substantielle des moyens financiers de ce genre de cirque pourrait disparaître !

Mais comme rien ne se perd, Patrick Zaniroli, pilote, ex-directeur d’Amaury Sport Organisation le grand ordonnateur de l’Escadron de la Mort, aurait mis au point son rallye à lui, du 1er au 19 novembre 2006!

Il partira tout naturellement de Paris pour aboutir à Dakar. Il se fera aussi le plaisir d’un préliminaire en France comme sa grande sœur en passant par Narbonne où ASO a déjà été condamnée, histoire de narguer au passage différents opposants.
Mais un changement de nom n’est pas synonyme de changement de mentalité.
Aucune humanité ne préside cette expédition lucrative qui a soudain revêtu une discrétion de violette à laquelle nous ne sommes pas habitués.

Rien ne permet de croire à ce jour, que la Transafricaine Classic est différente du célèbre Rallye de la Honte. Un éminent homme politique nous a par ailleurs appris que les promesses n’engagent que celui qui les écoute.
Nous appelons par conséquent à la résistance.
Les contribuables dont la ville, le département ou la région, contribuent au financement de ce « machin » peuvent engager un recours en annulation auprès de l’autorité préfectorale dans un premier temps et au tribunal administratif dans un deuxième temps pour demander l’annulation des délibérations qui attribuent leur argent à cette manifestation.
A l’évidence aucun intérêt pour les collectivités en cause ne peut être avancé.
Ces Citoyens interpellés par cette Transafricaine Classic peuvent prendre attache avec Tam-Tam Dak’Out pour s’opposer à la subvention de ce rallye.
Nous devons aussi interpeller massivement les personnalités suivantes ainsi que les sponsors:
Jacky ICKX, Claude BRASSEUR, Carole MONTILLET, Mélanie SUCHET
Voir au http://www.zaniroli.com/yacs/sections/view.php/4029
qui cautionnent par leur argent, leur nom et leur célébrité cette honteuse entreprise.

Marseille, le 19 septembre 2006
Pour le CAVAD : Collectif Actions pour les Victimes Anonymes du Dakar
Claire AYMES
Tam Tam Dak’Out B.P. 20 833 à 11 100 Narbonne 06 83 34 88 83
Jean Louis SYLVESTRE, Président Tam-Tam Dak’out est un membre actif du CAVAD
Créée en janvier 2004, Tam-am Dak’out est une association de citoyens choqués par l’arrogance de cette course motorisée pour nantis, méprisant à la fois l’environnement, les pays pauvres et les deniers publics.

Communiqué de presse sur le Rallye Dakar Etudiants

C O M M U N I Q U E
Première Edition du Rallye Dakar Etudiants

Informés par la rédaction d’un média qui sollicitait une interview, nous avons appris le lancement de cette nouveauté « sportive » dès le 30 juillet prochain.
Nous n’attendions pas moins du cynisme d’Amaury Sport Organisation que la mise en place d’un dérivé du rallye de la Honte Dakar.
Ce rallye Dakar Etudiant est manifestement une déclinaison destinée à toucher une autre cible que celle des racistes nostalgiques de l’Afrika Korps (ainsi qu’ils ont été surnommés en 1984 par le quotidien ivoirien Fraternité matin), qui les accompagne depuis 28 ans et qui commence malgré tout à poser des questions d’éthique gênantes.
Quoi de plus intéressant pour des adultes racistes et malveillants qui veulent pérenniser une activité décadente que de tester une formule adressée aux jeunes, étudiants de préférence pour la caution intellectuelle et dont la naïveté et l’honnêteté permettra toutes les manipulations?
· Faire croire à de jeunes gens qu’ils sont des héros en herbe qui vont vivre une audacieuse aventure humaine, porteurs et dépositaires d’une mission civilisatrice ;
· Leur faire croire qu’au bout de 15 étapes d’une journée, ils vont connaître l’Afrique, ses grands espaces et ses habitants alors qu’ils n’auront rien vu hors bivouac, trop occupés à traverser à une allure folle les villages pour admirer ou apprendre quoi que ce soit, ou même seulement pour dire bonjour ;
· Leur faire croire que d’apporter 1 ou 2 pompes à eau, des cahiers et quelques livres comme cadeaux en feront des héros utiles qui reviendront l’esprit en paix, gavés d’exotisme et encore faut-il que cette caricature d’humanitaire soit adaptée et puisse survivre durablement au passage express de nos jeunes aventuriers ;
Relève de la plus grande malhonnêteté intellectuelle. Mais Amaury Sport Organisation et son ignoble rallye ne sont plus à un péché près. On ne pouvait attendre moins d’eux.
Cette cible constitue en outre un véritable réservoir de futurs participants pour la version hard et adulte de l’Escadron de la Mort Dakar.
La vraie morale du Rallye Dakar est désormais identifiée : l’argent permet tout, même l’insulte à la vie et à la pauvreté.
Est-ce que les étudiants en question et leurs familles sont réellement préparés à balayer leur humanité, leur éthique, leur décence et leur sens de l’honneur pour embrasser les valeurs plus que douteuses d’Amaury Sport Organisation et du sinistre rallye Dakar, telle est la question.
La caravane publicitaire de la Mort continue donc de dicter sa loi aux Etats africains. Tout le monde a compris que les centaines de millions d’euro engrangés par Amaury Sport Organisation justifient largement les assassinats déguisés et les meurtres sponsorisés.
Pour le même coût, nous aurons désormais un escadron de la mort patenté et le rallye light baby.
Jusqu’à quand ? Quand jugera t-on ces meurtriers légaux sponsorisés et financés par les deniers publics ainsi que leurs indignes acolytes africains.
Le Cannonball Run britannique a subi il y a quelques semaines un énergique coup de semonce. Riches chauffards arrêtés, jugés et condamnés ; voitures confisquées et amendes à l’avenant. Les anglais n’en sont pas encore revenus. L’Etat français a clairement signifié que nul ne saurait porter atteinte à la vie des citoyens français sur le sol français. Tout ce que ce se permet le rallye Dakar sur les pistes africaines.
Les chefs d’Etats Africains qui laissent la riche racaille européenne perpétrer des exactions sans protéger leurs ressortissants oublient le mépris sans nom qui préside à l’élaboration même de ces rallyes. Le mépris sans nom dans lequel leurs amis du Dakar les tiennent personnellement et qu’ils ne manqueront jamais de leur exprimer dès qu’ils ne leur seront plus utiles.
Tout le monde se souvient des obsèques de Léopold Sédar Senghor. Que n’avait-t-il pas apporté au rayonnement de la France pourtant ?
De l’humiliation infligée et subie il y a peu de mois encore à un autre ex-dirigeant africain dans un aéroport occidental ?
La corruption et la cupidité ne sauraient seules justifier un tel manque de respect aux populations autochtones et un tel manque d’honneur personnel.
L’Humanitaire est à nouveau mise à contribution dès lors qu’il s’agit de justifier les actes susceptibles d’interpeller les consciences.
Et il a le dos large, l’argument choc. C’est un mal rallyedakarien que de n’avoir pas le courage d’assumer ses turpitudes.
Que Amaury Sport Organisation et son Rallye Dakar Etudiants assument leur vocation de jeu de négriers des temps modernes pour gosses de riches et qu’ils cessent de brandir un volet humanitaire alibi. Personne n’est dupe, même et surtout pas les africains.
Quand on sait que le Rallye Dakar gaspille en 2 ou 3 semaines une somme supérieure au budget de l’éducation au Mali ou en Mauritanie, on reste rêveur. Et le rallye Baby fonctionnement exactement sur le même modèle.
Une petite équipe sincère et motivée peut avantageusement utiliser tout cet argent pour de vrais projets humanitaires (mise en place, formation de relais locaux, et suivi sur le long terme).
Nul besoin de dévaster des contrées souvent protégées et d’étaler sa richesse insolente de nantis devant des gens certes pauvres mais dignes qui sont les véritables héros par leur lutte quotidienne et incessante pour la survie.
Le CAVAD a lancé une pétition pour la suppression du rallye Dakar qui peut être signée en ligne. Un site a été mis en place http://www.stop-rallyedakar.com
Nous interpellons les associations africaines, françaises et européennes, les personnalités politiques africaines, françaises et européennes, les organisations syndicales et politiques. Nous informons les sponsors et leur demandons clairement si il est bon pour leur image de continuer d’associer leurs noms à celui d’assassins légaux.
Nous demandons aux gouvernements des pays traversés de refuser leurs concours à cette débauche indécente.
Nous sommes déterminés à informer toutes les opinions publiques afin que tous ensemble, nous mettions un terme à ce désordre sociétal d’autant plus navrant qu’il émane d’une organisation qui demeure sous la tutelle du pays des Droits de l’Homme.
En attendant la prochaine fulgurance rallyedakarienne enrobée d’humanitaire et mâtinée de relents coloniaux racistes.
Marseille, le 26 juillet 2006
Pour le CAVAD
Claire Aymes
http://www.stop-rallyedakar.com
Le CAVAD: Alliance Noire Citoyenne, Association des Femmes d’Outre-Mer et d’Horizons Multiples, Amicale Français d’Origine Africaine, Association BERACA, Association Le CLAN, Tam-Tam Dak’Out, Comité Non au Dakar, CUBARTE, Les Damnés de la Terre, EEPaca, Euro-Minorités, Génération Ecologie, Monde des Cultures Dambé, Mouvement pour une Nouvelle Humanité, Mouvement Y’en a marre du Dakar, Regroupement Travailleurs Sénégalais en France, Réseau Action Conso, Les Ogres, Planète Non Violence, ECOFORUM, QUIBLA, AFRIKARA, AFRICULTURES,

Cannonball Run, pas de Dakar en france!

France Info et France Télévisions ne décolèrent pas depuis ce matin. On apprend en boucle et en stéréo que décidément, la France semble être devenu le terrain de jeu favori des millionnaires anglais accros de vitesse.

Le Cannonball Run sévit tout comme son célèbre cousin le Rallye Dakar. Mais au lieu de se dérouler loin, dans un tiers-monde lointain et chez les désignés sous-hommes, il ose traverser notre belle France au grand dam des associations de lutte contre la violence routière.
Ne pouvant tolérer sur notre sol ce qui est logique et permis sur les terres africaines, les autorités ont déjà par le passé interpellé des concurrents qui ont dû s’acquitter d’une contravention de 2 000 €, en attendant d’être poursuivis par la justice pour « mise en danger de la vie d’autrui », sur décision du procureur de la République de Senlis. Ces chanceux avaient toutefois pu repartir juste après, avec leur voiture, à la seule condition que celle-ci ne soit plus pilotée par eux-mêmes.
Cette fois-ci,  les autorités passent à la vitesse supérieure dissuasive : nous ne sommes pas en Afrique ici.
Nos aventuriers, flashés dimanche dernier sont passé en comparution immédiate. Résultat des courses :

Excès de vitesse: confiscation définitive d’une Ferrari et d’une Porsche pour deux chauffards britanniques
BETHUNE (AP) – Le tribunal correctionnel de Béthune (Pas-de-Calais) a prononcé mardi la confiscation définitive de deux voitures de sport, une Ferrari 360 et une Porsche 993 turbo, appartenant à deux Britanniques contrôlés dimanche soir sur l’autoroute A26 à des vitesses respectives de 257 et 190km/h.
Mark Shafari, 47 ans, et Gerald Harrison, 25 ans, faisaient partie d’un groupe d’une quarantaine de voitures débarquées dimanche soir à Calais. Ils participaient au « Cannonball Run », une course dont l’objectif était de rallier Calais à Rimini en Italie le plus rapidement possible.

Les deux Britanniques étaient poursuivis pour excès de grande vitesse et mise en danger d’autrui. Il semble que c’est la première fois en France que des automobilistes étrangers se font confisquer définitivement leur véhicule.
Outre cette confiscation, les chauffards ont été condamnés chacun à trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d’amende. Les véhicules devraient être vendus aux enchères. AP

Applaudissements de la foule en délire. Avec un bémol.
En quoi le Cannonball Run est-il fondamentalement différent du rallye Dakar pour qu’il soit appliqué le 2 poids, 2 mesures ?
Le Cannonball est déclaré rallye sauvage et illégal mais nous n’avons pas encore la liste des victimes civiles.
Le rallye Dakar, auto-proclamé grand humanitaire devant l’Eternel et auto-déclaré sécurisé jusqu’aux boulons, est autorisé.
Cela ne l’empêche pas de  tuer impunément et de façon avérée des africains innocents dans les villages traversés à folle allure.  S’il n’y a pas là « excès de grande vitesse » et « mise en danger de la vie d’autrui », alors qu’est-ce que c’est ?
Nous sommes reconnaissants à France Info et à France Télévisions d’avoir bien souligné cette ignominie que la perfide Albion porte sur notre sol. Nous restons cependant médusés devant le double langage et l’indignation à géométrie variable.

Car il faut le savoir, France télévisions et France Info sponsorisent cette année comme l’année dernière les activités déshonorantes de la caravane Dakar, véritable escadron de la Mort qui semble inaugurer chaque année l’ouverture d’un safari humain.
Grâce à la condamnation du Cannonball Run, France Télévisions et France Info vont enfin pouvoir répondre aux différents courriers que nous leur avons adressé, et nous faire connaître les intérêts supérieurs et financiers qui justifient la poursuite de cette indigne collaboration.

En tous cas, grâce à ces jurisprudences, nous attendons dorénavant quelques belles comparutions immédiates suivies de peines de prison, d’avalanches d’amendes et de dommages et intérêts sans oublier la confiscation des véhicules. Justes contreparties de l’immigration subie du Rallye Dakar.
La pétition (papier et internet) pour la suppression du rallye Dakar porte à ce jour plus de 12.000 signatures, sans publicité. Elle est à signer au http://www.gopetition.com/online/7725.html

Claire Aymes.

A routards criminels, barrages infranchissables

En réponse à votre appel pour la suppression du rallye Dakar.
Excellente et heureuse initiative. Mais, une initiative seule ne suffit pas pour arrêter l’action dévastatrice de ces prédateurs qui écrasent, en toute impunité, nos enfants comme des insectes; détruisent tout sur leur passage: morale, dignité, faune, flore, protégés dans cette action par « nos forces » armées et de « sécurité », tandis que « nos dirigeants » observent le spectacle désolant et criminel, indifférents, l’air absent comme hypnotisé, drogués ou ne jouissant pas de leurs facultés mentales.

Une pétition peut servir en Occident où l’équilibre des forces politiques, et non les principes ou le souci de justice, impose le respect de l’opinion des autres. Chez nous la balance penche constamment du côté du plus fort, parce qu’il y a toujours des plus faibles et ce plus fort est toujours injuste, impopulaire, traître à la cause de la nation, à la solde de l’extérieur.

Dans le cas, donc, de nos pays où les décisions engageant et mettant en péril la nation tout entière, sont prises dans un lit – le plus souvent extra conjugal -, dans une ambassade étrangère, autour du thé ou de l’alcool et non par une assemblée populaire représentative des masses…, une pétition, même signée par toutes les populations recensées n’a pas plus d’effet qu’une grimace vers les ciel.

Ce qu’il faut, c’est une action concrète, efficace et concertée. Si, par exemple, nos gouvernements ne mettent pas immédiatement fin à cette situation, les populations des régions traversées devront organiser des barrages humains infranchissables et confisquer les motos criminelles. « Nos » forces armées et de « sécurité », affamées, humiliées, démobilisées se joindront à la masse ou battront en retraite devant sa pression. Le rallye Paris-Dakar, il faut bien le préciser, est de surcroît, un message dangereux. Il nous dit ceci: vous êtes des sauvages, des incapables, juste bons à copier aveuglément nos habitudes, à glorifier notre culture, à vous annihiler vous-mêmes…

La question doit être sérieusement étudiée à tous les niveaux et faire l’objet d’une décision urgente et satisfaisante.

En attendant: que nos dirigeants, au nom de la réciprocité, exigent que des centaines de nos citoyens organisent un rallye de Marseille à Paris avec nos moyens de locomotion naturels, parce que nous ne produisons ni véhicules, ni motos. Que les autorités françaises protègent nos routards venus à dos d’âne, de chameau et de cheval; que la pollution, les désagréments, les embouteillages, les accidents, la pagaille, le désordre engendrés par nos centaines de montures soient légitimement acceptés et avec un esprit sportif. Les vieillards, les enfants, les véhicules qui seront renversés passeront inaperçus et ne soulèveront aucune protestation au Parlement ni au Sénat, Nicolas Sarkozy devant expliquer aux instances délibérantes et exécutives de son pays et à ses électeurs que les routards français font pire en Afrique et que la réciprocité est de rigueur dans la pratique démocratique.
A routards criminels, barrages infranchissables.

Mohamed CHEIKH.

Demande de bilans à Patrick de CAROLIS, PDG de France Télévisions

à Monsieur Patrick De CAROLIS
Président Directeur Général
France Télévisions
75015  PARIS

Objet : Demande des bilans du sponsoring du Rallye Dakar

Marseille, le 06 Mai 2006

Monsieur le Président Directeur Général,
La participation de France Télévisions au prochain rallye Dakar comme sponsor vient de nous être confirmé.
Nous considérons cela comme une réponse à notre précédent courrier.
Il nous serait agréable, en notre qualité de contribuables s’étant acquitté de leurs redevances  que vous nous fassiez part des bilans que vous n’avez pas manqué de faire de cet engagement les années précédentes.
Bilan en terme d’audience et d’image,
Bilan économique : montant de l’investissement comme sponsor, des dépenses de fonctionnement nécessaires pour suivre cette opération, et le montant estimé, poste par poste, des recettes induites.
Dans l’attente de votre réponse détaillée, nous vous prions de bien vouloir accepter Monsieur le Président Directeur Général, l’expression de notre parfaite considération.

Pour le CAVAD
Claire Aymes et Ibra Yali
Copies à
M. le Premier Ministre
Monsieur le Ministre de la Culture et de la Communication

Demande de bilans à Jean-Paul CLUZEL, PDG de Radio France

à Monsieur Jean-Paul CLUZEL
Président Directeur Général
RADIO FRANCE
PARIS

Objet : Demande des bilans du sponsoring du Rallye Dakar

Marseille, le 06 Mai 2006

Monsieur le Président Directeur Général,
La participation de Radio France au prochain rallye Dakar comme sponsor par le biais de France Info vient de nous être confirmé.
Nous considérons cela comme une réponse à notre précédent courrier.
Il nous serait agréable, en notre qualité de contribuables s’étant acquitté de leurs redevances que vous nous fassiez part du bilan que vous n’avez pas manqué de faire de cet engagement les années précédentes.
Bilan en terme d’audience et d’image,
Bilan économique : montant de l’investissement comme sponsor, des dépenses de fonctionnement nécessaires pour suivre cette opération, et le montant estimé, poste par poste, des recettes induites.
Dans l’attente de votre réponse détaillée, nous vous prions de bien vouloir accepter Monsieur le Président Directeur Général, l’expression de notre parfaite considération.

Pour le CAVAD
Claire Aymes et Ibra Yali
Copies à
M. le Premier Ministre
Monsieur le Ministre de la Culture et de la Communication

Interpellez vos Députés

Vous trouverez les coordonnées de votre député sur

 

Madame, Monsieur le Député,
Nous demandons la suppression du  rallye raid Dakar et l’indemnisation des victimes anonymes de cet évènement scandaleux.
Au nom du respect des Droits de l’Homme et de la Convention des Droits de l’Enfant
Au nom du respect du Code de l’Environnement et des directives européennes
Au nom de l’Humanité et de la Décence,
Et l’organisation de cette manifestation étant française,
Au nom de l’idée que vous vous faites de la France et de son rayonnement à l’étranger.
Nous restons dans l’attente de savoir :
  • votre prise de position claire et officielle sur ce fait de notre société
  • votre décision de soutenir ou non la demande d’ouverture d’une enquête parlementaire déposée à ce sujet par votre collègue, Jean-Marc Roubaud de la 3è circ du Gard.
Veuillez, acceptez, Madame, Monsieur, l’expression de notre respectueuse considération

 

Pour le Collectif pour les Victimes Anonymes du Dakar
Claire Aymes – Ibra Yali
http://stop-rallyedakar.com

Lettre au Président de France Télévisions

C A V A D
(Collectif Actions pour les Victimes Anonymes du Dakar)
c/o Claire Aymes EEPaca
60, rue de la République 13002 Marseille
Web : www.stop-rallyerdakar.com

à Monsieur Patrick De CAROLIS
Président France Télévisions
75015 PARIS

Objet : Campagne pour la suppression du Rallye Dakar

Le 03 Avril 2006

Monsieur le Président Directeur Général,

Selon votre Charte de l’Antenne lue sur http://charte.francetv.fr/ ; « La télévision publique exerce une mission spécifique au regard de la vie démocratique, renforce le lien entre les individus et les groupes; elle est directement liée aux besoins démocratiques, sociaux, culturels de chaque société ».
Or France 2, France 3, France 4 et France 5, chaînes du service public du Groupe France Télévisions violent cette « charte de l’antenne » en sponsorisant et diffusant chaque année le lamentable évènement commercial appelé rallye Dakar.

Le même document précise que: « l’acquittement de la redevance par les téléspectateurs est la garantie pour le service public de son indépendance, et lui créé une obligation à l’égard des téléspectateurs, dans une relation d’échange ».

L’implication et la complaisance affichée, des chaînes du service public sont d’autant plus choquantes qu’elles ne jouent plus leur rôle critique lors des drames et autres péripéties mortelles qui mettent en cause les organisateurs de cette compétition sportive; notamment à la suite des dommages causés aux victimes innocentes dans les régions traversées en Afrique depuis plus de 28 ans.
L’impunité des auteurs de ces homicides (et des organisateurs) n’est plus acceptable pour les familles meurtries par la disparition des leurs au hasard des pistes du *Dakar *!

C’est pourquoi nous,
Ø 1) associations membres du Collectif Actions pour les Victimes Anonymes du Dakar (Cavad),
Ø 2) téléspectateurs français contribuables, membres ou non du Cavad,
demandons solennellement et publiquement à France Télévisions de mettre immédiatement un terme officiel à son partenariat avec ASO pour le rallye Dakar, ou tout autre événement raid meurtrier, irresponsable et contraire aux valeurs d’égalité et de fraternité.

Dans l’attente de la confirmation d’un sursaut de dignité de ces chaînes du service public et de la prise de conscience de votre responsabilité, nous vous prions de bien vouloir accepter Monsieur le Président, l’expression de notre parfaite considération.

Pour le Collectif A V A D
Claire Aymes, Ibra Yali

Ampliation : Monsieur le Ministre de la Culture et de la Communication

Lettre au PDG de Radio France

CAVAD
(Collectif Actions pour les Victimes Anonymes du Dakar)
c/o Claire Aymes EEpaca
60, rue de la République 13002 Marseille
Web : www.stop-rallyedakar.com

à Monsieur Jean Paul CLUZEL,
Président Directeur Général
Radio France
75016 PARIS

Objet : Campagne pour la suppression du Rallye Dakar

Le 03 Avril 2006

Monsieur le Président Directeur Général,

Chaque année, malgré nos manifestations et nos protestations, le rallye Dakar dérive et reste incapable de retrouver les valeurs sportives et humanitaires qui étaient les siennes à l’origine.

L’implication et la complaisance affichée des radios du Groupe Radio France sont d’autant plus choquantes que FRANCE INFO, du service public, n’a pas joué son rôle critique lors des drames et autres péripéties mortelles qui mettent en cause les organisateurs de cette compétition sportive; notamment à la suite des dommages causés aux victimes innocentes dans les régions traversées en Afrique depuis plus de 28 ans.
L’impunité des auteurs de ces homicides (et des organisateurs) n’est plus acceptable pour les familles meurtries par la disparition des leurs au hasard des pistes du *Dakar *!
Et nous, contribuables français n’acceptons plus, en aucun cas, de financer par nos redevances ou impôts les crimes et les délits d’une société privée.

C’est pourquoi nous,
Ø 1) associations membres du Collectif Actions pour les Victimes Anonymes du Dakar (Cavad),
Ø 2) auditeurs français contribuables, membres ou non du Cavad,

demandons solennellement et publiquement à Radio France de mettre immédiatement un terme officiel à son partenariat avec ASO pour le rallye Dakar, ou tout autre événement raid meurtrier, irresponsable et contraire aux valeurs d’égalité et de fraternité.

Dans l’attente de la confirmation d’un sursaut de dignité de cette radio du service public et de la prise de conscience de la responsabilité de Radio France, nous vous prions de bien vouloir accepter Monsieur le Président, l’expression de notre parfaite considération.

Pour le CAVAD
Claire Aymes , Ibra Yali

Ampliation : Monsieur le Ministre de la Culture et de la Communication

Lettre aux candidats à la Présidentielle 2007

CAVAD
(Collectif Actions pour les Victimes Anonymes du Dakar)
c/o Claire Aymes EEPaca
60, rue de la République 13002 Marseille
Web : www.stop-rallyedakar.com

Madame, Monsieur,
Vous aspirez à gouverner la France en 2007 et c’est à ce titre que nous vous interpellons.
La course rallye internationale précédemment appelé Paris – Dakar qui consistait à l’origine à promouvoir la performance de la navigation, l’endurance mécanique et des hommes a peu à peu dérivé en safari humain, à des années-lumière de l’idée des valeurs sportives et humanitaires portée par Thierry Sabine. Encore en Janvier dernier nous avons déploré la mort de 2 enfants Boubacar Diallo (10ans) en Guinée et Mohamed Ndaw (12 ans) au Sénégal qui viennent s’ajouter à la liste déjà longue des victimes de ce rallye. Près de 50 morts à ce jour dont de nombreux enfants.
Au fil des années l’esprit de dépassement de soi et d’aventure s’en est allé laissant la place à la surenchère financière et économique d’un classement d’hommes et de marques.
Si les premiers accidents pouvaient être rangés sur le compte de l’inexpérience des organisateurs, les victimes qui se comptent par dizaines par la suite nous amènent à jeter un regard circonspect, voire désapprobateur sur les conditions et dispositifs de sécurité mis en place par la société organisatrice, la société ASO. On ne peut dans le même temps déployer en France des efforts sans précédents pour lutter contre la violence routière et de l’autre côté, la médiatiser et la rendre acceptable dans les pays en voie de développement.
Chaque année, malgré les manifestations et les protestations, nous sommes scandalisés de voir que des vies innocentes sont ravies à leurs familles, sans aucune conséquence pour les organisateurs, lorsque l’on sait que chaque concurrent de ce rallye satisfait à toutes ses obligations y compris la souscription de contrats d’assurances comme il est exigé dans le règlement ( assistance, dommages aux tiers, rapatriement ).
Vous n’êtes pas sans ignorer que les populations des pays traversés vivent avec moins d’un euro par jour, et en plus de cette fatalité, la mort vient les frapper au détour d’un chemin par le biais d’une course dont la seule satisfaction est une performance sportive qui leur est totalement étrangère et inaccessible.
A l’évidence, le rallye Dakar dérive et reste incapable de retrouver les valeurs sportives et humanitaires qui étaient les siennes à l’origine.
Fort de ce constat, le Collectif Actions pour les Victimes du Dakar signataire attire votre attention sur la nécessité d’intervenir et de se positionner fermement pour imposer:
Ø La réparation, par la société ASO, des préjudices causés aux populations victimes;
les concurrents et l’organisateur de cette compétition doivent assumer leurs responsabilités, en dédommageant ou indemnisant les victimes pour les préjudices subis. Ce qui est n’est finalement que la traduction de la couverture des risques encourus dans de pareilles situations.
Ø L’arrêt définitif et l’interdiction pure et simple de cette manifestation en raison des dommages induits aussi bien sur l’environnement des régions que sur l’espérance de vie des populations concernées
Ø L’interdiction de la subvention publique pour cette épreuve si elle perdure : les contribuables français ne sauraient en aucun cas financer les crimes et les délits d’une société privée.

Au nom du respect des Droits de l’Homme et de la Convention des Droits de l’Enfant
Au nom du respect du Code de l’Environnement et des directives européennes
Et l’organisation de cette manifestation étant française,
Au nom d’une certaine idée de la France et de son rayonnement international
Au nom de l’Humanité et de la Décence,
Pour que cesse le désordre sociétal que provoque cette entreprise de la honte et pour que triomphe la dignité, le droit et le respect de la vie humaine.

Nous restons dans l’attente de votre prise de position claire et officielle sur ce fait de notre société. Votre réponse sera affichée sur le site.
Peut-être avez-vous déjà signé notre pétition au : http://www.gopetition.com/online/7725.html,
Sinon l’ajout de votre signature nous honorerait.
Veuillez, acceptez, Madame, Monsieur, l’expression de notre respectueuse considération.
Pour le Collectif pour les Victimes Anonymes du Dakar
Claire Aymes
Ibra Yali
http://stop-rallyedakar.com

Lettres de Jean-Marc ROUBAUD, Député du Gard

Jean-Marc ROUBAUD, Député du Gard a pris position.

Voir la lettre du Député
à Dominique de Villepin, Premier Ministre avec copies à
1) JF Lamour Ministre de la Jeunesse et des Sports,
2) P. Douste-Blazy, Ministre des Affaires Etrangères
3) B. Accoyer, Président du groupe UMP

Voir la lettre du Député à Jean Louis Debré, Président de l’Assemblée Nationale avec copies à
1) JF Lamour Ministre de la Jeunesse et des Sports,
2) P. Douste-Blazy, Ministre des Affaires Etrangères
3) B. Accoyer, Président du groupe UMP

En hommage aux deux enfants tués au cours du Paris-Dakar 2006

Deux vies, des petits, des innocents, à la peau noire ont payé le prix…
Le prix de la bêtise ; le prix de l’orgueil des riches et des anciens colons…
Deux vies si précieuses sont perdues ; elles n’égayeront plus le monde…
Leurs regards ne se poseront plus sur l’inconnu…
Et le monde est plus pauvre du manque de leurs vies…

Deux vies, rien que de pauvres esclaves, d’un continent maudit,
Ont été fauchées par les machines des hommes blancs, ces fous motorisés,
Qui se croient importants par le vrombissement des moteurs ;
Qui se croient éternels par la musique d’une pauvre victoire ;
Qui se croient tout permis, comme les « maîtres » de tous temps !
Que sont deux vies d’enfants noirs, sinon des bouches à nourrir,

Des ventres creux, qui hurlent de désespoir aux frontières de la riche Europe ?
Que sont deux vies issues de peuples méprisés, exploités, colonisés ?
Rien que deux tâches, bientôt effacées par le vent des déserts et la lâcheté des ignares…
Deux vies affamées de moins, voilà le bon plaisir des riches qui s’ennuient !

Source : http://altermonde-levillage.nuxit.net/article.php3?id_article=4783

Jean DORMAC

500 connards sur la ligne de départ (Renaud)

Paroles: Renaud Séchan. Musique: Renaud Detressan
1991 « Marchand de Cailloux »

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d’enfoirés
Au vent du Ténéré

Le rallye mécanique
Des Mad Max de bazar
A r’commencé son cirque
Au soleil de janvier

Vont traverser l’Afrique
Avec le pieds dans l’ phare
Dégueulasser les pistes
Et revenir bronzés

Ravis de cet obscène
Et pitoyable jeu
Belle aventure humaine
Selon les journaleux

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents couillons dans leurs camions
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d’enfoirés
Au vent du Ténéré

Passe la caravane
Et les chiens n’aboient plus
Sous les roues des bécanes
Y a du sang répandu

C’lui des quelques sauvages
Qui ont voulu traverser
Les rues de leurs villages
Quand vous êtes passés

Comme des petits Romel
Tout de cuirs et d’acier
Crachant vos décibels
Aux enfants décimés

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents guignols dans leurs bagnoles
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d’enfoirés
Au vent du Ténéré

Combien d’années encore
Ces crétins bariolés
F’ront leur terrain de sport
D’un continent entier

Combien d’années enfin
Ces bœufs sponsorisés
Prendront l’ sol africain
Pour une cour de récré

Dans leurs joutes odieuses
Les bonbons bien au chaud
Au fond de leurs délicieuses
Combinaisons fluos

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d’enfoirés
Au vent du Ténéré

L’hécatombe depuis 1979

DAKAR (AFP) – 15/01/2006 14h44 – Liste des concurrents, membres de la caravane et spectateurs décédés pendant le rallye-raid Dakar depuis sa création en 1979: TOTAL 49

1+ 1979: Le motard Patrick Dodin se tue en chutant, alors qu’il tentait de fixer son casque en se rendant au départ de l’étape Agadez-Tahoua.
3+ 1981: Trois journalistes italiens se tuent à quelques kilomètres d’In Salah dans un accident.
1+ 1982: Entre les Quatre Chemins et In Ecker, le Néerlandais Bert Oosterhuis se tue, victime d’une 1+ chute au guidon de sa Yamaha. Ursula Zentsch, journaliste au Point, décède dans l’accident du 1+ camion ravitailleur de carburant. Un enfant malien est fauché par un concurrent.
1+ 1983: Jean-Noël Pineau, au guidon d’une Yamaha, se tue sur le tronçon bitumé qui le menait à Ouagadougou.
1+ 1984: Au Burkina Faso, pour éviter un motard, Dupart se met en tonneaux. Son Range Rover tombe sur des spectateurs, une femme est tuée.
1+ 1985: Un enfant est tué au Nigeria par un pilote ayant tenté d’éviter un groupe de spectateurs de l’autre côté de la piste.
1+ 1986: Dans la liaison vers Sète (Hérault, sud), le motard japonais Yasuo Kaneko est tué par un chauffard. ( LES CONCURRENTS QUI TUENT SONT AUSSI DES CHAUFFARDS )
5+ Le mardi 14 janvier, vers 19H00, un terrible accident d’hélicoptère, à 8 kilomètres de Gourma-Rharous, sur les bords du Niger, emporte le créateur du Dakar, Thierry Sabine, ainsi que les quatre personnes qui l’accompagnaient, le chanteur Daniel Balavoine, la journaliste Nathaly Odent, le pilote François-Xavier Bagnoud et le technicien radio Jean-Paul Lefur.
1+ 1987: Henri Mouren, ancien copilote de rallye, se tue au volant de la voiture de presse transportant les journalistes sur le parcours de liaison vers Tidjika.
1+ 1988: Kees Van Loevezijn, le navigateur néerlandais du Daf de Van de Rijt, est tué sur le coup après avoir été éjecté du camion.
1+ Patrick Canado, coéquipier de René Boubet, est tué sur le coup suite à une collision avec un autre concurrent.
1+ Sur la liaison Tombouctou-Nampala, le motard Jean-Claude Huger décède des suites d’une chute.
2+ Entre Moudjeria et Nouakchott, deux journalistes sont mortellement blessés lors d’un accident.
3+ Deux enfants et une femme sont également tués.
1+ 1990: Le journaliste Kaj Salminen décède des suites d’un accident.
1+ 1991: Charles Cabannes, pilote français d’un camion d’assistance,
est tué par balle au Mali. ( REBELLIONS ou accident )
2+ 1992: Entre Syrte et Sabha (Libye), Jean-Marie Sounillac et Laurent Le Bourgeois, à bord d’une voiture d’assistance, se tuent après une série de tonneaux.
1+ Le motard Gilles Lalay disparaît, heurté dans la liaison par la Toyota d’assistance médicale.
1+ 1994: Décès du motard belge Michel Sansen, victime d’une chute lors d’une liaison et
1+ qui fauche un enfant.
1+ 1996: Entre Foum El Hassan et Smara, Laurent Guéguen décède après l’explosion de son camion lors de la traversée d’une zone disputée par le Maroc et le Front Polisario.
1+ En Guinée, un enfant est fauché par une moto.
1+ 1997: Le motard amateur Jean-Pierre Leduc se tue sur les pistes maliennes.
5+ 1998: Près de Dakar, l’équipage Bouney-Aliphat est percuté par un véhicule qui doublait en troisième file. Ses cinq occupants mauritaniens sont tués.
1+ 1999: Sur une liaison, une camionnette de la gendramerie burkinabé entre en collision avec un concurrent. Un gendarme est tué sur le coup.
1+ 2002: Daniel Vergnes, le préparateur des véhicules de l’équipe Toyota Trophy, est tué sur la liaison en direction de la ville d’arrivée de la 11e étape en Mauritanie.
1+ 2003: Le navigateur Bruno Cauvy se tue lors d’un franchissement de dunes dans la dernière étape libyenne (Sabha-Zilla), pour sa première participation au Dakar.
1+ 2005: Le motard amateur espagnol Jose Manuel Perez décède à l’âge de 41 ans quatre jours après avoir chuté lors de la 7e étape entre Zouerat et Tichit, en Mauritanie.
1+ Le lendemain, le motard italien Fabrizio Meoni, double vainqueur du Dakar en 2001 et 2002, fait une chute mortelle lors de la 11e étape entre Atar et Kiffa, en Mauritanie. Touché aux cervicales, il décède à l’âge de 47 ans.
1+ Le même jour, une fillette de cinq ans est tuée après avoir été heurtée par un camion d’assistance qui avait quitté la course depuis quelques jours.
1+ 2006: Le 9 janvier, le motard australien Andy Caldecott (KTM) meurt à l’âge de 41 ans à la suite
d’une chute entre Nouakchott et Kiffa, en Mauritanie. Lui aussi a été victime d’un traumatisme
aux cervicales.
1+ Le 13, sur l’étape Labé-Tambacounda, un garçon d’une dizaine d’années décède après avoir été heurté par un concurrent auto alors qu’il traversait la route.

1+ Le 14, un autre garçon, de douze ans, meurt après avoir été heurté par un camion d’assistance.

AU TOTAL 49 MORTS = 9 ENFANTS
2 FEMMES
11 MOTARDS
7 JOURNALISTES
20 CONCURENTS ( AUTO CAMION )

QUESTION…
CE N’ EST PAS SUFFISANT???????
ALORS CONTINUONS ET ORGANISONS LE PROCHAIN MASSACRE!

Rallye Dakar 2007: 3 morts
Jean-Charles Ghnassia, pilote, le 08 janvier 2007, circonstances de la mort accidentelle dissimulées
Elmer Symons, motard, le 09 janvier 2007, accident
Eric Aubijoux, motard, le 20 janvier 2007, percuté par un camion
TOTAL 52 morts connus

Rallye Dakar 2008: Nous sommes sauvés, ces courageux mais pas téméraires détalent devant la détermination des rebelles

Rallye Dakar 2009: 3 morts
Pascal Terry, motard dossard n° 192
Robert de la Croix Vera Hernández, de nationalité chilienne
Freddy Efraín Arocupiapa Tours, péruvien.
TOTAL 55 morts connus

Rallye Dakar 2010: 1 morte
Sonia Natalia Gallardo
TOTAL 56 morts connus

Rallye Dakar 2011 : 3 morts
Cristian Cisterna Cisterna, 25 ans, électrocuté
Fabian Demetrio Croix Núñez, 46 ans, électrocuté
Marcelo Reales, 42 ans, tué par le pilote Eduardo Amor, voiture 410
TOTAL 59 morts connus

Rallye Dakar 2012 : 4 morts
Jorge Andres Martinez Boero, pilote argentin de moto dossard n° 175
le même jour, 2 spectateurs
Luis Marcelo Soldavini, 37 ans, de nationalité argentine et son fils Tomas, 11 ans
Au Pérou: 1 spectateur: Mauricio Saldarriaga Riera, 41 ans, de nationalité colombienne

Compteur provisoire: 63 morts connus

Rallye Dakar 2013: 4 morts
5 janvier 2013Wilmer Ramos Moron (30 ans) péruvien
9 janvier 2013 : Arturo Marquena López (45 ans) péruvien et Humberto Gómez Vera (56 ans), chilien
10 janvier 2013 : Thomas Bourgin motard français

Rallye Dakar 2014 : 6 morts
Daniel Eduardo Diambrosio 50 ans, journaliste
Agustín Ignacio Mina 19 ans, journaliste, argentin,
Martín Alejandro Delgado 31 ans, photographe, péruvien
José Carne, spectateur de 68 ans décédé à l’hôpital de Belen
1 médecin bolivien de la Croix-Rouge de l’équipe médicale du rallyedakar 2014 déclaré mort par les organisateurs d’une crise cardiaque alors qu’il y a eu collision de véhicules sur le parcours de la course.
Eric Palante, motard belge dossard 122

Compteur provisoire: 73 morts connus

Enfants victimes? les propos de Luc Alphand

lundi 16 janvier 2006 (18h45)
Propos étonnants de Luc Alphand dans l’édition du JDD d’hier (15 janvier 2006), à propos des drames qui ont marqué le Dakar.
A la question, « Savourez-vous votre victoire ? », Luc Alphand répond : « On n’a pas du tout la même vision des choses. Vous, de là-haut, avec un gros titre : « Le Dakar tue » Et moi, qui sors de ma bagnole, où on s’est défoncé tous les jours à faire 800 bornes, avec les efforts que ça représente toute l’année pour s’entraîner, pour développer les voiture. Alors oui, je le dis : je suis heureux d’être là et d’avoir gagné cette course. Même s’il faut avoir une pensée pour tout ce s’est passé, ça ne va pas gâcher ce que je ressens, ce que j’ai accompli. »
Luc Alphand veut-il dire par là qu’il a tellement travaillé, que l’épreuve fut tellement difficile (ce dont on ne doute pas), qu’il ne faut pas venir l’importuner avec ces considérations parisiennes, et venir gâcher son bonheur ?
Dans la même interview, le coureur dira : « Mais, il y a beaucoup d’enfants qui font les idiots en sortant de l’école, chez nous en France ». Et il y en a sûrement beaucoup qui se font renverser en ville tous les jours. C’est malheureux  » (SIC)
Sauf qu’il n’y a pas de courses de rallye près des écoles françaises, et que l’organisation des épreuves en France n’a rien de comparable au niveau de la sécurité avec ce qui se fait en Guinée et au Sénégal. Maintenant, si Luc Alphand apprécie les comparaisons, que pense-t-il de l’impact qu’aurait eu cette tragédie si elle s’était déroulée dans un village français ? Aurait-il eu les mêmes propos ?
Luc Alphand poursuit son interview et dit que ce drame ne remet pas en cause l’existence de l’épreuve, qu’il compte revenir l’année prochaine, mais qu’il n’aimerait « vraiment pas que ça arrive devant [sa] voiture » re-SIC !
Roger Kalmanovitz, le responsable de la sécurité, y va lui aussi de son explication douteuse :  » L’accident de vendredi avait eu lieu en pleine brousse. En Afrique, on arrive dans des endroits ou il n’y a rien et où les gens sortent de nulle part » (SIC). Les africains apprécieront la formule… Par ailleurs, est-ce que ce n’est pas justement aux africains de se dire celà : « Chez nous, on arrive parfois dans des endroits où on voit des bolides qui surgissent de nulle-part, et parfois tuent nos enfants ».
Non seulement la course n’est pas remise en cause, mais, ses organisateurs n’autorisent même pas que cette hypothèse soit débattue. L’enjeu financier de la compétition n’y est évidemment pas étranger.
Reste que les sponsors n’apprécieront peut-être pas tous que leur marque soit associée à une épreuve qui véhicule désormais aussi une image de mort et de cynisme, et privilégieront alors peut-être d’autres évènements.
eg : http://24hmag.blogs.com/24h_magcom
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=22286

Commentaires des internautes bellaciao
> Enfants victimes du Dakar – Les propos malheureux de Luc Alphand
16 janvier 2006 – 19h19 – Posté par 84.*.146.***
Le sinistre Luc Alphand (Lucho pour les medias) s’est répandu de même (condoléances aux familles, tout ça, mais ça doit pas gâcher la fête…) sur France Infos.
Tiens, France Infos, au fait, qui à grands coups de bandes-annonces auto-promotionnelles se gargarisait de nous « faire vivre ce Dakar » et allait même jusqu’à faire de la pub –pas mal pour un service public, hein?- pour le sponsor
Et c’était qui donc, le sponsor ?
Lui
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> Enfants victimes du Dakar – Les propos malheureux de Luc Alphand
16 janvier 2006 – 19h21 – Posté par 82.***.65.**
COMME QUOI ,
comme quoi , on peut etre un grand sportif , et avoir un sens de l’humain tout petit , les propos de luc alphand sont totalement insupportables , on aurait attendu un minimum de compassion et d’humanité chez cet homme , ceci dit , et contrairement à ce qui est affirmé dans l’article , il n’y a pas qu’en Afrique que les rallys tuent , cela se produit presque tous les ans , sur l’une ou l’autres des epreuves du championnat du monde des rallys .
Claude de Toulouse .
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> Enfants victimes du Dakar – Les propos malheureux de Luc Alphand
16 janvier 2006 – 19h29 – Posté par 83.***.45.***
Alphand a une tronche de gros beauf et il tient les propos qui vont avec. Vous attendez quoi d’autre d’un « sportif de haut niveau » ?
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> Enfants victimes du Dakar – Les propos malheureux de Luc Alphand
16 janvier 2006 – 20h07 – Posté par 82.***.65.**
bon si on doit juger les gens sur leur tronche , fermons vite ce lieu de debat ,
quand au « vous attendez quoi d’un sportif de haut niveau » c’est le genre de reflexion que l’on peut se poser à l’egard de n’importe qui !
vous attendez quoi d’un intello a la finkelkraut ?
vous attendez quoi de pavarroti ?
j’attends qu’ils soient des hommes !
et thuram nous a montré il y a peu de temps qu’on peut etre un « sportif de haut niveau » et s’interesser à autre chose qu’a la lecture de « l’equipe  » !
Répondre à ce message

> Enfants victimes du Dakar – Les propos malheureux de Luc Alphand
16 janvier 2006 – 22h54 – Posté par 83.***.222.**
Soit. Elevons le débat au dessus de la trogne d’Alphand. Lisez Albert JACQUARD ou Jean Marie BROHM. Vous y apprendrez que le sport de haut niveau est le meilleur vecteur de l’idéologie ultralibérale et de ses piliers : l’individualisme féroce (dont les propos d’Alphand sont une « magnifique » illustration), le darwinisme social, la loi du plus fort (donc de la jungle) et le culte du veau d’or. Et c’est pas Thuram qui y changera quoique ce soit. L’ennui c’est que, contrairement à Finkielkraut ou à Pavarotti, n’importe quel sportif dit de haut niveau est systématiquement présenté par les médias unanimes comme un être supérieur dont il convient de suivre l’exemple.
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> Enfants victimes du Dakar – Les propos malheureux de Luc Alphand
16 janvier 2006 – 19h58 – Posté par 83.***.45.***
Bon sens???? Vous avez dit bon sens !!!!Transposez ce genre « d’incidents » en France avec un rallye organisé par Télé-Sénégal. Au plus petit accident vous avez l’opinion publique, tous les médias et les 3/4 des politiques à beugler à l’interdiction d’une pareille course et à la mise au trou des organisateurs. Accessoirement au rétablissement de la peine de mort.
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> Enfants victimes du Dakar – Les propos malheureux de Luc Alphand
16 janvier 2006 – 23h18 – Posté par 82.***.159.**
Vive le Sport sur Antenne 2 !
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> Enfants victimes du Dakar – Les propos malheureux de Luc Alphand
17 janvier 2006 – 03h05 – Posté par 83.***.163.**
C’est le point commun entre moi et les anciens sportifs, ils reflechissent avant de parler.
J’éprouve un certaine sorte de malaise quand je vois passer des commentaires disant qu’il y a aussi des accidents en france, et que donc voila , c’est la vie.
Si je me trompe pas, des rallyes en france, il y a 2 catégories
Versailles , pour marier les futurs cadres de la france d’en haut
Des compétitions avec sécurité, barrières, je n’ai pas de chiffres sur le nombre d’enfants de ministres UMP qui se sont fait écrasés lors d’un rallye organisé en france. J’attend.
Mais pour l’argument, qui dit que rassembler un troupeau de bêtes violentes, c’est très très dangereux, on a le heysel comme exemple (match de foot livervool-juventus en belgique) , mais les spectateurs avaient payés.
Pour les défenseurs du Paris-Dakar, j’ai une proposition : Le Dallas-Paris , qui serait organisé par une société américaine financée par Bush. Des anciennes stars républicaines, pour tromper leur ennui, fonceraient dans des villages reculés du sud de la france. Et des fois, oh ! , une petite fille morte , l’imprudente.
La pétition aurait plus de succès, car moi j’ai vu moins de 1000 signatures jusque là !
JYD
Répondre à ce message
Commentaires des internautes 24hmag
Impressionnant, M. André Martin !
« Cet enfant serait à n’en point douter mort un jour ou un autre comme tout le monde… » Ils auraient dû en écraser des dizaines pour les sauver de la misère, de la famine et du SIDA. Quant à vous M. Martin, vous aussi vous allez mourir un jour… et ce sera de connerie, assurément.
Rédigé par: Cy-real | le 16 janvier 2006 à 22:11

Nous avons justement été obligé d’effacer le commentaire de M. André Martin, qui était scandaleux.
Rédigé par: 24hmag | le 17 janvier 2006 à 08:30

Je partage entièrement votre indignation devant cette manifestation de bêtise et, disons-le clairement, de racisme ordinaire.
Les grands médias d’information n’ont-ils pas fait preuve, eux aussi, de ce racisme hélas courant à l’égard de l’Afrique ?
On imagine sans peine que si de tels faits s’étaient déroulés en France, on aurait immédiatement tout connu des malheureuses victimes et de la douleur légitime de leur famille. Il est probable que des manifestations auraient exigé l’arrêt et la suppression du rallye. En tout cas, on aurait forcé les organisateurs à se poser les bonnes questions sur les tenants et aboutissants d’un tel « cirque »

Gissébédé | le 20 janvier 2006 à 08:51

Le rallye indécent

à Etienne Lavigne, Directeur du Dakar
Amaury Sport Organisation (ASO)
Thierry Sabine Organisation (TSO, une filiale d’ASO depuis 1991)
Monsieur Lavigne, je m’ennuie chez moi. Tenez j’ai une idée.
Comme ce n’est pas possible chez moi pour des raisons qu’il serait contre-productif de vous exposer,
Je me propose de débarquer chez vous avec quelques téméraires aventuriers de mes amis.
Programme des festivités : Envahir votre maison, jardin et garage compris pendant quelques jours en dévastant tout sur notre passage et en festoyant de temps en temps pour reprendre quelques forces. Vos enfants et le chien sont priés de ne pas se trouver sur notre chemin sous peine d’y laisser leur peau. Au terme de notre exploit collectif, le plus rapide et plus fin expert en crasseries définies sera désigné et nous pourrons alors repartir le cœur léger en vous laissant les miettes de nos diverses agapes et le ménage à faire. Non, sans façons me répondez-vous ? Je ne comprends pas…
Autre proposition innovante : Que pensez-vous de l’idée d’organiser un course en Europe, disons, de Ceuta ou de Melilla (Espagne) à Stockholm (Suède) où concourraient des africains conduisant comme des hallucinés des monstres mécaniques à 2 ou plus de roues, à travers les routes de France, d’Allemagne, de Belgique, des Pays-Bas sans se soucier de faucher quelques habitants des villes ou villages traversés. On pourrait s’assurer qu’ils puissent saccager au passage quelques espaces naturels préservés lors de « spéciales ». La Camargue pour commencer par exemple. Alors, n’est-ce pas là une bonne idée ?…

Engluée comme elle l’était dans une guerre larvée contre les migrants et les réfugiés, on aurait pu croire que l’Union européenne aurait révisé sa copie. Nenni, elle a désormais franchi, à sa frontière sud, le cap de la guerre totale.
La tragédie ultra médiatisée des maliens, sénégalais et autres guinéens tués par balle en tentant de franchir la frontière entre le Maroc et les territoires espagnols de Ceuta et de Melilla, les dizaines d’autres grièvement blessés et plusieurs centaines noyés ou volés, violés, déportés et abandonnés, sans eau ni vivres, dans le désert du Sahara aurait pu constituer un électrochoc susceptible de faire réfléchir et/ou décourager les participants et l’organisateur que vous êtes…
Vous n’entendez que le joyeux tintement de votre tiroir-caisse car ils sont de plus en plus nombreux à s’inscrire sans états d’âme.

Les murs érigés de plus en plus haut, les dispositifs de plus en plus sophistiqués et la sous-traitance rémunérée de la violence mise en place par l’Union européenne pour se protéger de l’envahisseur subsaharien auraient pu vous gêner et vous faire reculer, vous, l’organisateur ainsi que les sponsors,
Las, la course aura bien lieu du Portugal au Sénégal en passant par le Maroc, la Mauritanie, le Mali et la Guinée.
On l’aura compris, votre Paris-Dakar, est une entreprise florissante génératrice de sommes d’argent telles que la honte, la retenue et la décence ne peuvent plus être de mise.
Mais n’avez-vous donc aucune conscience?
La totalité de l’article sur http://claire.aymes.free.fr
Réactions et Commentaires

Paris-Dakar : le rallye indécent, Lettre ouverte à Etienne Lavigne, Directeur du Dakar 20 décembre 2005,

Paris – Dakar une âme mécanique
Demander aux participants du Paris-Dakar d’aider au développement des pays traversés c’est ignorer la nature de cette course,ils peuvent distribuer des montres mais ils n’ont pas de temps à donner à l’Afrique.
Mais, fatalistes que nous sommes nous remâchons notre amertume en disant le riche a peut être toujours raison faites des pays que vous traversés un terrain de jeux , nous n’avons pas de vitres à casser, ni de pellouses à saccager,ni équipements d’antibruit et nous n’avons pas de machines pour mesurer les décibels . Nous sommes certes une terre de brouhaha mais pas de vrombissement et de pollution.
Nous ferons ce qui est de notre pouvoir pour garder nos enfants et notre bétail pour échapper à l’ire de la tempête mécanique , nous vous promettons de rester dans nos tentes et nos cases et que les curieux d’entre nous soient maudits par la tourmente mécanique.
Nous ne demanderons pas le remboursement des dégats occasionés par votre passage, car vous possedez le papier blanc estampé par le sceau de l’autorité suprême,qui vous donnent le droit de défoncer nos pistes et démolir nos champs.
Donnez nous toujours du poisson et évitez de nous montrer comment ont peut le pêcher car le jour ou nous serons en mesure de pêcher nous n’aurons plus bésoin de vos voitures d’occasions vos habits d’occasions et bien sur de votre rallye d’occasion…
un mauritanien

Paris-Dakar : le rallye indécent, Lettre ouverte à Etienne Lavigne, Directeur du Dakar 20 décembre 2005
Monsieur Cheybani, je suis français et je vous demande de bien vouloir croire que la majorité du peuple français désaprouve cette mascarade. A titre personnel, je vous présente mes excuses pour le mal que l’on fait à votre pays.
Cordialement
Alain B.

Entre rêves et réalités

Depuis vingt-huit ans que Thierry Sabine a réalisé pour la première fois son rêve de course automobile à travers les sables de l’Afrique du nord et de l’ouest, le Dakar soulève chaque hiver la même polémique quand la fureur de son sillage laisse des morts sur la piste. Des pilotes et des spectateurs. Encore trois tués cette année, quarante-huit depuis l’origine de l’épreuve. C’est trop, beaucoup trop et l’on ne peut que partager l’émotion et l’indignation de ceux qui crient : « Assez ! »
Faut-il pour autant arrêter le Dakar ? Envisagerait-on un instant d’interdire toute circulation automobile parce que l’implacable évidence des statistiques annonce autour de 5 000 morts dans l’année sur les routes de France ? Personne n’y songe, pas plus qu’il n’est proposé d’interdire les Grands Prix de F1 ou le Rallye de Monte Carlo au motif que se profile un peu plus chaque jour la possibilité d’un monde sans pétrole.
Du pain et des jeux, l’homme est ainsi fait qu’il ne saurait vivre sans chercher perpétuellement à repousser les limites de ses capacités, au péril même de son existence, et à faire de cette prise de risque un grand spectacle. Des gladiateurs aux Jeux Olympiques contemporains, l’homme a raffiné l’art de mettre en scène le théâtre de son combat contre lui-même et entre soi. Ainsi va toute vie dont la plus fidèle compagne est la perspective d’une mort inéluctable. Les enceintes des matches de football sont heureusement moins sanglantes que les arênes romaines. Pourtant, des tribunes s’effondrent, des bateaux de course font naufrage, des cordées se perdent encore sur les plus hautes cimes.
Le Dakar est aussi inutile que les championnats de football, le Vendée Globe ou la Vasaloppet, sauf que, faibles humains que nous sommes, la vie nous serait bien ennuyeuse si rien de tout cela n’existait.
Dans un débat épique dans les pages sportives du journal, mercredi 18 janvier 2006, avec Michel Urvoy, chef du secteur économique et social d’Ouest-France qui réclame « qu’on ensable le Dakar, spectacle d’une France pleine aux as qui empoussière les esprits plus encore que les yeux », Jean-Claude Virfeu, reporter sportif du journal spécialiste des sports mécaniques, plaidait pour que « ce rallye-raid, épreuve fantastique pour ses participants, continue de faire rêver ceux qui la suivent d’Europe. »
Alors, il faut sécuriser le Dakar, limiter sans aucun doute la puissance des machines, redoubler d’efforts pour mieux préparer les concurrents et mieux informer les spectateurs. Mais il est temps surtout de cesser de porter sur ce continent africain des regards hypocrites.
Non, ce n’est le spectacle d’une aventure automobile qui épuise et pervertit l’Afrique, mais le pillage de ses ressources, le détournement de ses cerveaux, l’incontrôle de la maigre part de gâteau qui lui est consentie sous les noms d’aides ou de subventions, la corruption tolérée, le commerce « équitable » empêché, l’immigration et le tourisme sexuels acceptés, l’assistance médicale limitée.
Tous ces vrais maux, encore énumérés au Forum social de Bamako, font moins de bruit aux journaux de 20h qu’un mort sur la piste du Dakar … ou qu’une baleine asphyxiée dans la Tamise. Une mort évitable est toujours regrettable. Mais les œillères dont nous couvrons nos regards face aux réalités de ce monde africain en perdition, cela se nomme comment ? Un crime contre l’humanité dont nous sommes collectivement co-responsables. Un crime contre l’humanité qui ne déclenche même pas une bonne polémique annuelle, c’est dire combien nous en faisons réellement peu de cas.
Par Didier PILLET, lundi 23 janvier 2006 Ouest France
http://blog.ouest-france.fr/index.php/?2006/01/27/19-le-dakar-entre-reves-et-realites
COMMENTAIRES

Humaniser le Rallye
jeudi 26 janvier 2006 à 15:37, par Arab Hamid (Le Mans)
En liminaire, je pose la question : qu’apporte concrètement le Rallye aux villages qu’il traverse telle une tornade ? En revanche je pense que pour les organisateurs, ce raid mécanique est une manne insondable, eu égard à la débauche de publicité qui « égaie » les véhicules et autres. Prenons le circuit à l’envers maintenant : est-ce l’Espagne et la France ou le Portugal accepteraient le passage de bolides venant du sud de la Méditerranée et traverseraient les paisibles villages de ces respectables pays aux mêmes pointes de vitesse qu’ils atteignent au Maroc, en Mauritanie et au Sénégal ? Non. Aucun politique ou organisateur de circuit sportif ne songerait, ne serait-ce qu’une seconde, à une pareille idée. On me rétorquera qu’il y a le Monte Carlo, etc. Oui, mais il faut reconnaître que les mesures de sécurité sont quasiment incomparables avec celles pratiquées pour le Rallye Paris-Dakar. Ce n’est pas seulement une question de performance ni de repousser les limites de la performance. Non, mais c’est une question également de respect des autres. Ce n’est pas parce que ces populations du Sud vivent sous des régimes par ailleurs pseudodémocratiques, donc à la merci de dérives qu’il serait fastudieux de citer ici, qu’il faut enfoncer encore plus le clou en cautionnant des équipées-spectacles de tout acabit. Outre les accidents maintenant habituels, il ya lieu de se poser la question de l’impact de ce rallye sur la nature ? Ce rallye (même si cela paraît excessif) me fait penser un peu aux émirs de certains pays moyen- orientaux qui venaient chasser dans le sud algérien avec leur tout-terrain et des armes sophistiquées la gazelle ou l’outarde houbara, des espèces rares et protégées.
Je pense qu »il faut repenser ce rallye afin qu’il ne soit plus une tournée de « plaisir  » et de sensations fortes pour quelques richissimes sportifs ou publicitaires. L’humaniser et en faire un trait d’union entre les peuples de la Méditerranée.

Dakar, la goutte d’eau qui fait déborder le désert
samedi 28 janvier 2006 à 09:18, par Jacques Guezenec (Longjumeau)
Dans votre article, vous semblez justifier le Dakar par le fait que si l’on supprime cette épreuve, on devrait aussi supprimer les autres sports qui provoquent des décès (et même la circulation automobile).
Le problème est fort différent. Le Dakar fait beaucoup plus de décès par épreuve que n’importe quel autre épreuve (automobile ou non) .
Pour prendre les cas les plus proches, ceux de la formule 1 et ceux des Rallyes automobiles du championnat du monde, les accidents entraînant mort d’homme sont en fait très rares.
Par ailleurs, les sports comme la F1 ou les Rallyes sont très médiatiques (donc plaisent aux spectateurs et téléspectateurs). Pas le Dakar.
Quelles sont les raisons d’exister du Dakar aujourd’hui ? Le rêve d’aventure d’une poignée d’hommes riches ! Si j’osais, je comparerais cela à de la téléréalité : faire parler de soi (et en plus, cela ne marche pas !) : c’est de l’egocentrisme au détriment des habitants de ces régions à al dérive (que cet argent leur soit donc directement alloué !) , et un contre exemple d’un monde altermondialiste et écologique

Paris-Dakar : arrêtons le massacre ! (rappel du communiqué des verts)
samedi 28 janvier 2006 à 10:39, par herrou jacques (plestin les greves)
lundi 16 janvier 2006
Imagineriez-vous une épreuve « sportive » dans nos campagnes bretonnes qui, en 25 ans, aurait fait quelques dizaines de morts, concurrents et spectateurs confondus, et qui serait toujours télévisée et sponsorisée ?
Non, bien sûr !
Alors pourquoi le « Paris-Dakar » qui vient encore de tuer un motard et un petit guinéen existe-t-il encore ? Cette épreuve n’aurait-elle pas quelques relents nauséabonds de racisme et de néocolonialisme ?
La promotion de la vente de 4×4 polluants et dangereux exige-t-elle de ravaler l’Afrique au rang de décor publicitaire ? Dans quelques années, la loi exigera-t-elle que nos enseignants classent le « Dakar » parmi les apports positifs de la colonisation française ?
Un peu de décence, arrêtons le massacre !lesvertsbretagne.org

Il y en a aussi en France
samedi 28 janvier 2006 à 11:53, par Michael (Maurepas)On tape sur le Paris-Dakar, mais il y a aussi régulièrement des morts chez les spectateurs dans les rallyes-raides organisés en Europe. Ce n’est pas pour autant que les courses sont annulés.
Quand il y a eu comme dans certains stades des morts, on a pas arrêté les matchs de foot.

oui mais….
samedi 28 janvier 2006 à 18:33, par besnier louis (grasse) au Monte Carlo les spéciales sont annulées s’il y trop de spectateurs ou si la sécurité n’est pas assurée.

la honte !
lundi 30 janvier 2006 à 15:05, par GULCZ MARIE ANNICK (CARDROC)
Tuer des enfants pour le divertissement d’Européens qui, bien sûr, ne toléreraient pas que des véhicules traversent leurs villages ou villes à des vitesses criminelles, cela relève du racisme primaire. C’est comme si on disait: la vie d’un enfant de là-bas ne vaut pas celle d’un petit Européen. Il faut arrêter de regarder le Dakar et les journaux devraient aussi arrêter de le couvrir. M-A. G

Encore combien de victimes collatérales ?
lundi 30 janvier 2006 à 18:35, par EVEILLE xavier (PLOUHINEC)
Encore combien de morts faudra-t-il attendre avant de sérieusement repenser le Paris-Dakar ? Combien de victimes collatérales ? Quel est le quota acceptable ? Je pense que l’inacceptable a été franchi depuis longtemps. Je pense aussi qu’il est de la responsabilité des organisateurs de renforcer plus que sérieusement la sécurité, de baliser le parcours de barrières s’il le faut, même si cela fait moins raid « nature » ou raid « sauvage ». Je rejoins totalement M. Hamid : je m’apprêtais à écrire un peu la même chose que lui : comment percevrions-nous la venue d’un rallye américain à grand renfort de publicité qui vendrait chaque année écraser un spectateur voire plusieurs ? Je ne pense pas que la France autoriserait la reconduction d’une telle épreuve.

Dakar pourquoi pas mais sous conditions
mercredi 01 février 2006 à 10:26, par GOUPY Gilbert (SAINT-HERBLAIN)
Pour l’heure le Dakar n’est qu’un joujou pour riches en mal d’aventures « encadrées quand même », mais sans avantages pour les populations des pays traversés.
Daniel Balavoine avait au moins saisi l’opportunité qu’il avait de traverser ces pays et usé de sa notoriété pour les aider.
Le Dakar retrouvera grace et popularité lorsque, en plus de la sécurisation du parcours, l’organisation en profitera pour apporter son aide à ces populations.
Il faudra bien inclure un jour une notion de partage, sans quoi il naîtra des sentiments d’incompréhension voire d’envie justifiée envers des « riches » qui viennent narguer les pauvres, eux qui n’ont souvent même pas le minimum.
Cordialement

Et si…….
vendredi 03 février 2006 à 10:23, par Eric BERTHENAND (LOCMIQUELIC)
Il est vrai que l’on n’a jamais vu de concurrents du Dakar cracher sur les spectateurs.
Il est vrai que les spectateurs ne se battent pas entre eux pour telle ou telle couleur de voiture
Il est vrai que dans le Dakar on n’entend pas (encore) parler de dopage
Il est vrai que personne ne parle de coter les concurrents du Dakar en bourse.
Et si on rendait cette aventure aux amateurs pour qui gagner n’est pas un signe de réussite professionnelle?
Et si on gardait les véhicules de Monsieur tout le monde (à part la sécurité, renfort d’habitacle,…) avec un minimum de pièces de rechange?
Et si on imposait des temps mini d’étape avec plus d’épreuves de navigation et de pilotage en terrain difficille (zone de franchissement, forts dénivelés, ….)?
Et si on raccourcissait les spéciales (car cela reste aussi une course) pour pouvoir gérer plus facilement la sécurité des spectateurs??
Et si on sponsorisait davantage les sacs de riz, équipements scolaires, ….
Et si on réfléchissait un peu en ménageant toutes les susceptibilités?
Et si on se disait qu’il y a certainement un terrain d’entente entre le pour et le contre??

Suppression pure et simple
lundi 06 février 2006 à 18:50, par GAUTRON Henriette (Larmor-Plage)
Nous avons été tellement outrés par l’accident survenu à cet enfant, que nous demandons la suppression pure et simple de ce rallye, ainsi que la suppression de tous les rallyes et courses automobiles. Ce n’est pas du sport, c’est un gaspillage éhonté de carburant. On crie après la diminution des réserves de pétrole, après la pollution atmosphérique et tous les médias publient des pages, diffusent des émissions pour encenser des vainqueurs qui ne se soucient absolument pas d’environnement du moment qu’ils gagnent des sommes énormes.
Pour en revenir au Dakar, nous avons été indignés par la réaction du vainqueur qui, voulant exalter sa victoire, a occulté le drame de la mort du petit garçon.
Je n’ai lu ou vu nulle part la douleur de sa famille, personne n’a parlé d’une compensation ! On n’ose pas penser au « tintouin » qu’auraient fait les médias si un des pilotes avait tué un petit Français ou un autre pilote.
Il est de notoriété publique qu’un enfant africain n’a aucune importance, « ils en ont tellement ! « . La passion de la vitesse l’appât du gain et le mépris d’autres civilisations rendent les humains « des loups pour les autres hommes ». Triste constat !

Paris-Dakar le pire!

On aura tout dit, tout lu, tout entendu à propos de la course Paris-Dakar. Les pour, les contre, ceux qui se moquent de la sécurité, ceux qui feignent de s’y intéresser et de venir en aide à l’Afrique, ceux qui justifient tout et ceux qui condamnent tout ce qui roule… Mais un chiffre demeure. Pesant, précis, incontournable : 48 morts depuis 1979 ! Et un autre est tu : Ce que rapporte tout cela aux médias en général, à la télévision de service public en particulier !
Des concurrents mais aussi des jeunes tués par les bolides même ralentis dans les villages ou sur la piste ensablée de ce Dakar mortel chaque année.
48 dont 17 personnes qui n’avaient rien à voir avec la course. 17 de trop ! Les autres pouvant être considérés comme des accidents du travail en tant que pilotes professionnels diraient quelques cyniques.
La vie a un prix !
On peut avancer tous les arguments pour se donner bonne conscience (les africains aiment le Dakar, l’attendent, en tire des bénéfices y compris que « ces gens là ont un autre rapport à la mort de leurs propres enfants » !!! )
Il n’empêche, une course qui est mortelle chaque année ne s’interdit jamais de repartir sachant que d’autres enfants vont succomber à nouveau.
Certains rétorquent que la route tue aussi en Europe, que les rallyes sont dangereux partout, que l’Afrique aussi a ses morts de la route, etc.
Mais on oublie de dire que Paris-Dakar s’impose à l’Afrique depuis le début et qu’à chaque difficulté de passage, il y a un Monsieur « bons offices », les poches bien garnies pour décider les pays les plus hésitants à laisser passer le Dakar. D’ailleurs cette course est devenue un tel enjeu pour les sponsors divers et surtout les marques autos-motos qu’il n’est plus question d’interdire le Dakar. Ce qui n’est jamais formulé ainsi notez bien. Ni même que l’Afrique n’a jamais été aussi pauvre depuis vingt ans.
Pour quelques sous, la télévision publique dans le coup !
Enfin il y a plus grave : qu’une chaine publique de télévision soit obligée de diffuser cette course mortelle pour respecter un contrat avec ASO qui signe par ailleurs un autre contrat pour le Tour de France avec le même service public, parait aberrant !
La télévision publique n’est donc pas libre de dire non même si certains de ses décideurs en ont envie. Belle liberté du business ! Belle leçon de morale démocratique ! Bel exemple d’aveuglement pour les entreprises qui soutiennent le Dakar et bel acte de courage pour les journalistes chargés de « vendre « l’évènement mortel !
Pour ma part, je refuserai toujours de couvrir le Dakar en tant que journaliste et que citoyen. La clause de conscience de la Charte des Journalistes ce n’est pas pour les chiens !
Reste la question qui fâche pour ne pas dire qui tue : si une bande d’africains assoiffés de sensations fortes sur des bolides surpuissants s’amusaient à dévaler les pentes de nos montagnes parce qu’il n’y a pas l’équivalent dans leurs pays en tuant chaque année deux ou trois de nos enfants, continuerait-on à autoriser cette course pendant plus de vingt ans ?
C’est hélas parce qu’on connait la réponse que la honte nous poursuit un peu plus encore…
vendredi 3 février 2006 par Alain VERNON
http://www.info-impartiale.net/article.php3?id_article=229

Hypocrisie et Bilan

L’hypocrisie du DAKAR, hypocrisie capitaliste
Publié le 24 janvier 2006
Les opposants au Dakar et les pro-Dakar se livrent une véritable bataille. Course assassine et polluante contre course bienfaisante économiquement pour les pays africains. La polémique que la course soulève est en réalité une polémique mondiale qui est née à cause du capitalisme. La question n’est pas de savoir si le Dakar a un rôle positif ou négatif, la question est plutôt : L’argent est-il plus important que tout ? Est-ce que la mort de quelques personnes par an et la pollution de notre planète valent-elles un apport économique quel qu’il soit ? A cette question, je répond non. Parce que je dis aussi non au capitalisme et à la fracture Nord-Sud. Et parce que je refuse surtout que l’on monnaye un coin de notre planète pour aller faire « joujou » avec des voitures que nous-mêmes -les occidentaux- nous n’acceptons que difficilement dans nos villes. L’Afrique appartient aux « pays pauvres », jamais elle ne refusera le Dakar. Ce continent est otage du capitalisme, il n’a pas le choix : pour survivre il doit accepter le DAKAR. Mais nous, nous avons le choix ! Nous ne pouvons pas nous permettre de faire des pays du sud une véritable décharge mondiale au non de leur bien-être financier ou matériel. Arrêtons l’hypocrisie ! Alors je pose la question : A quand une solidarité mondiale ? Une solidarité mondiale avec pour seul intérêt la pureté de notre planète et le bien-être de ses 6 milliards d’habitants ? Car de toute façon, avec ou sans le DAKAR, l’Afrique et les pays du Sud ont besoin de nous.

Bilan du Dakar 2006 : 3 morts
Publié le 26 janvier 2006
Un participant décédé c’est triste, mais il savait les risques en participant au Dakar, mais le décès de deux enfants de 10 et 12 ans, heurtés par des véhicules durant la course, c’est dramatique et pourtant cela laisse presque sans réaction les participants et organisateurs du rallye, comme ce témoignage de Luc Alphand, vainqueur de la catégorie auto, et qui déclarait : « Je n’aimerais pas que ça arrive devant ma voiture. Dans ce cas-là, peut-être que ça pourrait changer ma vision des choses. Mais si tu ne vas pas au ski, tu ne mourras pas dans une avalanche. »
Quelle course automobile, aurait continué si ces drames se serait passé sur le territoire français ou en Europe ? La vie de deux petits Africains a-t-elle la même valeur que celle de deux petits Européens ? Les responsables du Dakar ont dit vouloir continuer à travailler pour que cela ne se reproduise plus, nous verrons bien mais j’ai peur qu’il y ait d’autres décès à l’avenir. Quand les riches s’amusent chez les pauvres, voilà comment je défini le Paris-Dakar.
Il faut vraiment s’interroger sur la poursuite du rallye. L’argent qu’il procure aux villages, les puits que l’on fore, doivent pouvoir être apportés aux populations Africaines où passe le Dakar sans que des vies ne leur soient volées.
Arnaud Mouillard – http://hern.over-blog.com

Rallye Dakar: les questions qui dérangent

Le rallye Paris-Dakar officie depuis 28 ans déjà et les résultats sont paraît-il palpables et évidents : Le chanteur Renaud ne s’y est pas trompé en 1991 en lui dédiant illico « 500 connards sur la ligne de départ »:
http://www.paroles.net/chansons/10054.htm
28 ans d’une ruée de nantis pour d’aucuns convaincus d’apporter du rêve en faisant étalage de leur insolente richesse,
28 ans de profits des multinationales de l’automobile et des médias occidentaux,
28 ans de lucre surtout, puisque bien des organisateurs et des sociétés privées émargent au registre des bénéficiaires des subventions publiques payées par nous, contribuables.
Pour donner du crédit et une bonne conscience à ce rallye indécent, les organisateurs ont fait appel à un mot qui est très valorisant auprès des européens et tout particulièrement cher à l’opinion française : « HUMANITAIRE ».
Nous avons 2 semaines chrono pour parler humanitaire en agitant nos calculettes.
ASO (Dakar.com) tiendra comptabilité jour après jour des innombrables bienfaits dont il couvrira l’Afrique dès le 2 Janvier 2006. En principe, ce Raid 2006 devrait dépasser toutes nos espérances.
Les participants partis du Portugal et de l’Espagne rejoindront le Maroc, la Mauritanie, le Mali, la Guinée pour finir au Sénégal.
Nous avons déjà la certitude qu’il n’y aura pas de tirs espagnols et marocains ni d’abandons de participants dans le désert par les autorités de ces deux pays comme ce fut le cas il y a quelques mois pour les candidats maliens, guinéens et sénégalais. Une première avancée donc.
Mais nous attendons plus. Qu’ ASO communique la liste de ses bonnes œuvres 2006 en terre africaine.
En attendant, nous aimerions nourrir notre réflexion et essayer de répondre en toute objectivité à ces questions posées par Thierry T. MANGOUA :
Sur GRIOO.com http://www.grioo.com/info5995.html
Lesdites questions sont restées sans réponses jusqu’à présent..

Le débat sur la colonisation, l’immigration, l’esclavage et les relations franco-africaines n’exige t-il pas un temps soit peu de se poser quelques questions sur l’adéquation de ce rallye?

Pourquoi l’Afrique malgré sa misère reste t-il un terrain de jeu pour les européens alors que dans le même temps les africains n’ont pas droit de cité en Occident ?

A quelles fins sont utilisés les fonds octroyés aux autorités africaines dont le rallye traverse le pays ?

Qui paye le coût de la pollution causée par cet évènement ?

Qui paye les dégâts matériels causés par la destruction des routes africaines après le passage du rallye ?

Dans quelle édition du Rallye et à quel moment les participants et les organisateurs songeront-ils à marquer un temps d’arrêt à l’île de Gorée pour honorer ces milliers d’africains qui ont payé de leurs vies pour le « luxe » dans lequel certains occidentaux vivent aujourd’hui ?

Dans quelle édition les européens accepteront-ils que le Rallye se fasse dans le sens inverse : Le Dakar-Paris avec des centaines d’africains qui déambuleront avec leurs chameaux sur les champs élysées ?

Nous attendons impatiemment les réponses argumentées d’ASO et de Etienne Lavigne puisque comme d’habitude, les autorités africaines des pays traversés, l’UA et l’ONU resteront silencieuses, laissant une fois de plus violer l’Afrique pour quelques euros de plus en nous présentant le Paris-Dakar comme l’effet positif de la colonisation dont il ne faut surtout pas se débarrasser.

Arrêtez le massacre!

Il était Team Manager, son témoignage
Un enfant de 10 ans vient encore de mourir à cause de l’imprudence et de l’esprit colonialiste des participants à cette épreuve ! Dans les statistiques publiées, on ne parle que des concurrents morts pendant cette course… 25, c’est déjà énorme ! Mais si on devait ajouter les enfants blessés, décédés… à quel chiffre en serait-on ?
En 1985, alors que j’étais jeune et con, j’ai moi même participé au Paris-Dakar en tant que team manager. C’était mon premier contact avec l’Afrique et je croyais m’engager dans une aventure humaine. J’ai malheureusement vite déchanté… Les grandes écuries de constructeurs commençaient à arriver et les enjeux étaient importants, tant médiatiques que financiers. Malgrès les recommandations de Thierry Sabine, peu de pilotes « levaient le pieds » lors de la traversée des villages ou des zones peuplées, et je n’ai jamais entendu parlé d’un concurrent disqualifié pour avoir renversé un enfant ! La course continue… Lorsqu’un motard meurt pendant une étape, on avance l’heure du départ suivant pour respecter une minute de silence à sa mémoire et on neutralise l’étape du jour… Pourtant ce motard savait à quoi s’en tenir en tant que professionnel de la compétition. Lorsque l’on l’on tue un Africain, on ne s’arrête même pas !!! Le chrono tourne, et… on a peur de se faire lyncher par la population…
Petites anecdotes démontrant l’état d’esprit des organisateurs :
– Lorsque j’ai pris par à cette épreuve, toute la nourriture, toute la boisson (et une partie des carburants) étaient importés de France, par Africatours, à l’époque. Le bivouac était organisé de manière à ce que les population locales n’en tirent aucun profit, si ce n’est celui de ramasser les barquettes alu vides et les canettes abandonnées…
– L’organisation n’a jamais accepter de ramasser les épaves de voitures et motos accidentées, arguant même que cela pouvait servir aux populations autochtones, spécialistes de la récupération… L’Afrique doit être une poubelle ! Le même comportement en France est passible de fortes amendes.
– Je ne parle pas des conseils que Thierry Sabine donnait aux concurrents lors du premier briefing, concernant les mises en garde contre les populations des pays traversés…
Une note positive, bien que personnelle. Ayant du abandonner la course assez rapidement, je la poursuivais à mon rythme et pu découvrir ce continent auquel je me consacre depuis dans une toute autre idée, celle du partage des cultures et des valeurs de l’Afrique avec un public français encore plein d’idées reçues et d’appréhensions.
Continuez votre lutte. Les « canonballs » sont depuis longtemps interdits aux Etats-Unis et en France, et les participants à ces épreuves illicites sont passibles de peines de prison. Mais l’Afrique est un si pratique terrain d’essai…
Bertrand Dubanchet
Association Mémoires et Cultures Orales.

réflexions d’éditorialistes

Des éditorialistes reviennent, samedi 14 janvier 2006, sur la mort d’un enfant guinéen lors de la 13 è étape du Paris-Dakar.

Gilles Dauxerre LA PROVENCE
 » (…) Non! Si ce petit garçon est mort, c’est parce que les pistes africaines continuent de servir de terrain de jeu à des amateurs de vitesse européens qui ne peuvent pas assouvir leur passion violente chez eux. Passe encore qu’ils effraient les chameaux et les scorpions dans les dunes du Sahara, en faisant aussi abstraction de la pollution qu’ils infligent au désert. Mais leur course folle au milieu des villages du Mali, de Guinée ou du Sénégal est devenue criminelle. L’Afrique qui se débat dans des problèmes politiques, économiques, sociaux et sanitaires incommensurables, mérite autre chose. Les pseudos aventuriers du rallye « Dakar » seraient mieux inspirés d’investir leur argent et leur énergie dans des programmes d’aide efficaces et moins meurtriers. Certains, concurrents, comme Bruno Saby, ont heureusement pris conscience des dangers de cette course automobile en s’interrogeant sur sa pérennité. En disant « stop », ils sauvent, au moins, notre honneur. »

Le petit Boubacar Diallo ne doit pas passer par les profits et pertes d’une compétition « inhumanitaire ». On préfèrerait qu’il soit vivant et faire notre deuil du Dakar. »

Jacques Camus LA REPUBLIQUE DU CENTRE
« Il y a vint ans, jour pour jour sur le Paris-Dakar, l’hélicoptère de Thierry Sabine s’écrasait dans le désert malien. En ce samedi, l’anniversaire sera triste, encore plus triste, parce que, d’année en année, le « Dakar » n’en finit pas de laisser des morts sur son passage et de pleurer de nouvelles victimes. (…) Les opposants au « Dakar », qui prêchaient dans le désert depuis quelques années, vont assurément retrouver des arguments (et surtout une écoute) pour dénoncer les méfaits de cette néo-colonisation motorisée. Leur combat s’était quelque peu enlisé dans les sables de l’idéologie, et l’indifférence du grand public était le plus sûr allié des organisateurs. Ce n’est sans doute pas par hasard qu’ils ont éliminé depuis deux ans tout trajet en France. Il ne fallait pas, par d’intempestives manifestations, gâcher la fête des fanas de la « libre circulation automobile ». Il reste qu’aujourd’hui, il devient de plus en plus difficile de justifier une hécatombe inutile.

Ave, Paris-Dakar!

Libre adaptation du texte Avé César de David Grossman

Persévère, ô Paris-Dakar. La mort nous guette à chaque instant, mais toi, notre maître, persévère. Ne laisse pas nos vies et nos morts misérables se mettre en travers de ton chemin. Tu as un plan. Nous en sommes sûrs. Et pour cette raison, nous sommes persuadés que tout ce que nous voyons autour de nous n’est que le prélude d’un futur radieux, une idée brillante qui, un jour, changera la face du monde.
Tu sais, l’air désespéré de l’Afrique n’est qu’une façade. Elle n’a pas vraiment le sentiment d’abriter des morts-vivants. Nous croyons à tes promesses de développement, ô Paris-Dakar.
Nous le sentons venir à grands pas ailés. Tu forceras nos ennemis (les ANTI) à nous aimer, quoi que nous fassions. Tu nous débarrasseras des obscures voix discordantes, et à la place, tu installeras des célébrités plus accommodantes et moins regardantes. Et alors, en un clin d’œil, le cœur de nos ennemis se remplira d’amour pour nous. Ils nous pardonneront toutes nos mauvaises actions, et même, ils les justifieront, et ils reconnaîtront qu’elles avaient un but.
Nous n’avons aucun doute sur ta capacité à réinventer la nature humaine, et nous savons que tu es l’ évènement qui saura façonner ce continent, et l’amener à accepter ce que nous lui offrirons, et même à accepter ton refus total de lui donner quoi que ce soit. Ce n’est pas parce que personne, quelle que soit sa puissance, n’a jamais réussi à perpétuer une telle occupation, dans de telles conditions, que c’est une loi de la nature.
Nous pouvons être les premiers ! Pourquoi pas ? Seulement, nous t’en supplions, il faudrait que tu bouges. Parce que, comment dire ? Il ne restera bientôt plus personne. Ni sponsors, ni participants.
Illustre Paris-Dakar, les temps sont un peu durs, au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, mais tu l’as remarqué, bien sûr. Mais tu es fort, bien plus fort que nous, il n’y a pas de doute. Nous sommes faibles, obnubilés par l’appât du gain, la recherche de notoriété. C’est pour cela que nous avons besoin de toi, pour nous conduire avec ta riche et puissante caravane, l’une des plus fortes du monde, vers un avenir nouveau, le temps du Loisir-Colon, comme on pourrait l’appeler (comme nous le faisions dans les années 50). Un avenir où chaque fois qu’un imprudent nous critiquera, nous frapperons en retour ! Ils nous vilipendent ici ? Nous les musèleront là. Ils mènent des guérillas sur le net? Nous userons de nos missiles de silence médiatiques. Quel déluge, et quelle idée géniale ! Ça, c’est ce qu’on peut appeler exploiter sa force à plein !
C’est vrai, parfois, l’ombre d’un doute s’insinue dans nos pensées délétères, sur les différentes définitions du courage et de la lâcheté, de la foi et du défaitisme. Il arrive qu’un petit démon antipatriotique nous murmure à l’oreille que peut-être, nous ne devrions pas être là et qu’il faudrait peut-être essayer de nous tirer de là.
Quelquefois, des langues bien pendues ont le culot d’insinuer qu’avec les cartes absolues que nous avons en main, le désespoir, le comportement barbare , nous pourrions, d’une façon ou d’une autre, mieux nous comporter.
Mais, évidemment, pour répondre à cela, nous avons un argument irréfutable : nous avons déjà essayé ! Nous leur avons tout offert, c’est un continent peuplé d’incapables et de paresseux ! Alors, à l’unisson, nous déclarons : « Mourons avec les Philistins ». Ça leur apprendra !
Parfois, il faut le dire, nous nous y perdons un peu. Pardonne-nous. Quand nous écoutons certains témoignages, nous commençons à nous demander si le plan est si intelligent et sophistiqué que cela, et s’il a vraiment des réponses à l’apocalypse qui se produirait si ces actions perduraient.
Nous commençons à nous demander si, au nom de nos objectifs ludiques, tu n’as pas pris la décision stratégique de déplacer le champ de bataille, non chez l’ennemi comme il est d’usage, mais vers un domaine où règne la révolte la plus totale, celui de l’auto-anéantissement, où nous n’obtiendrons rien, et eux non plus : Un gros et gras zéro.
Mais ce ne sont que des vétilles, des pensées passagères. Tes loyaux sujets n’ont aucun doute sur ta sagesse et ta vision. Très bientôt, il apparaîtra à tous qu’il y avait une raison profonde pour jouer de cette façon absurde, pendant des années, et pour accepter de « suspendre notre incrédulité », comme au théâtre, en attendant que l’intrigue se dénoue et que le secret se révèle.
Quand, finalement, nous seront révélées ces raisons, qui pour le moment sont au-delà de notre entendement, nous continuerons encore à te soutenir de tout notre cœur. Nous qui allons continuer de mourir, par dizaines, nous te saluons.

Ave, Paris-Dakar, Morituri te Salutant!

Le Dakar et la beauté du sport

Le sport, le dépassement de soi, le goût des défis … Voilà ce que l’on entend depuis quelques jours dès que l’on aborde la course du Paris-Dakar. Aujourd’hui, nous avons eu droit aux hommages répétés à monsieur Sabine, fondateur de cette course stupide dans le désert même si on peut lui accorder une légitime passion pour l’automobile. Si l’on ajoute à cela que Balavoine était aussi de ce dernier voyage, on comprend que nos chères télévisions endormies se précipitent sur cette actualité. On oublie simplement que ces deux personnages, et d’autres, ont été tués non en voiture ce qui pourrait sembler logique dans un rallye automobile, mais dans un hélicoptère. Le Dakar n’a aujourd’hui plus grand chose à voir avec un défi sportif tant les camions, les hélicoptères, les GPS et autres outils informatiques font de cette course un simple miroir d’inégalités financières et technologiques. Si on a une quelconque sensibilité environnementale, on comprend encore moins le sens de cette course qui pollue un milieu naturel bien plus fragile qu’il n’y paraît, le désert.
Toutes aussi désertiques furent les commentaires sur la mort d’un jeune guinéen d’une dizaine d’années venu avec ses parents admirer le spectacle … Il ne s’agit pas ici de faire de la repentance anti-coloniale ou de supposer les organisateurs de racisme. Il s’agit simplement de douter de l’opportunité d’une course qui n’a de défi à relever que celui de l’ensablement et de la chaleur, mais qui surtout est chaque année meurtrière. La mort de ce gamin serait profitable si elle entraînait une révolution du Dakar: pourquoi ne pas faire la course à pieds, en chameaux ou dromadaires ? Ou si l’aspect automobile de la course est si essentiel, pourquoi ne pas en faire un outil de promotion des véhicules propres en utilisant des voitures entièrement propres ? Le sport n’en serait pas moins beau….
Mais rassurez-vous, amis lecteurs et fans de ces exploits sportifs, la course n’est pas en danger. Comme un clin d’oeil, alors que je venais de publier les lignes ci-dessus, Le Monde indiquait sur son site internet qu’un deuxième enfant, de 12 ans, avait été tué aujourd’hui même. Mais il n’est bien entendu pas question de changer les habitudes ni de remettre en cause le podium qui sera l’occasion d’une effusion de joie des héros du désert. Après tout, qu’est-ce que la vie d’un enfant ? D’autant que le hasard fait bien les choses: l’accident, provoqué par un camion d’assistance, donc entraînant une responsabilité de la course, a eu lieu sur une route nationale, de quoi déculpabiliser les partisans de ce défi; et puis, la famille étant musulmane, l’enfant sera inhumé dans les prochaines heures, de quoi étouffer plus vite ses cris et l’éventuelle émotion qui aurait pu nous frapper. Comme disent les cons dans ces moments-là, vive le sport!
http://www.u-blog.net/jaimelapolitique/note/90
Forum de l’article

je me demande bien ce que nous dirions si les sénégalais organisaient chaque année le rallye Dakar Paris et s’ils écrabouillaient des gamins en traversant des villlages du larzac ?

L’afrique n’est plus que le terrain de jeu, la décharge des occidentaux : elle asphyxiée par notre commerce unilatéral, nos industries alimentaires ou pharmaceutiques sans scrupules, vidée de ses ressources, détruite par la famine et le SIDA (que nous n’aidons pas à vaincre en gardant nos politiques scandaleuses envers ce continent)

Bref, les africains, tout le monde s’en branle…alors un gosse écrasé sur une piste….
2006-01-15 14:36:17 de amelichan
pour le rallye ok mais j’avoue que je ne suis pas d’accord avec ton deuxième §
2006-01-15 20:11:28 de torvik
parce que tu considères que nos gouvernements font en sorte que l’Afrique se développe? il suffit de voir les négociations de l’OMC pour voir que beaucoup de politiques d’aide au développement ne sont que des façades…
2006-01-15 20:20:54 de amelichan
oups ça a bugué…
Donc je disais que faire une course dans le désert ca me dérange pas trop mais passer dans des village ou même à proximité je trouve ça débile… Qu’un motard se tue : c’est dommage mais il connaissait les risques et quand on se crash à 140km/h c le cimetière assuré… mais que 2 enfants meurent c’est un scandale…
Le Dakar ça me fait penser à ces safaris du 19ième faits par de riches aventuriers… ça sert à rien et c’est dangereux pour tout le monde …

Pour le débat : c’est clair que l’Afrique est déconsidérée par les politiques occidentales mais comme dirait mon prof de géo africaine : le problème vient aussi du manque de maturité de l’Afrique notamment de l’ouest…
2006-01-15 21:08:35 de matthias
l’Afrique a besoin d’aide, c’est indéniable mais l’Afrique a aussi besoin de prendre son destin en main, de montrer qu’elle veut s’en sortie, de chercher l’union plutôt que la division
2006-01-15 22:13:29 de torvik
c’est vrai tu as raison, mais nos politiques (notamment commerciales) sont loin d’aider leur situation. Je prends un exemple : pour prendre son destin en main, il faudrait pouvoir exporter ses produits ou ses services, hors les subventions agricoles des européens ou américains créent des situations scandaleuses : trouver notamment du coton américain au Mali moins cher que le coton malien ! De plus, nous n’ouvrons pas suffisamment nos marchés pour eux.

Mais je pense aussi qu’il y a une tradition occidentale a considérer l’Afrique comme une proprieté : le rallye en est un bon exemple. J’aimerais savoir si les sponsors de la course, total, france télévision,etc… utilisent les profits gagnés pour faire quelque chose là bas où se content-ils de polluer les contrées et d’écraser les gosses?
2006-01-16 08:13:58 de amelichan
Un participant décédé c’est triste, mais il savait les risques en participant au Dakar, mais le décès de deux enfants de 10 et 12 ans, heurtés par des véhicules durant la course, c’est dramatique et pourtant cela laisse presque sans réaction les participants et organisateurs du rallye, comme ce témoignage de Luc Alphand, vainqueur de la catégorie auto, et qui déclarait : « Je n’aimerais pas que ça arrive devant ma voiture. Dans ce cas-là, peut-être que ça pourrait changer ma vision des choses. Mais si tu ne vas pas au ski, tu ne mourras pas dans une avalanche. »

Quelle course automobile, aurait continué si ces drames se serait passé sur le territoire français ou en Europe ? La vie de deux petits Africains a-t-elle la même valeur que celle de deux petits Européens ? Les responsables du Dakar ont dit vouloir continuer à travailler pour que cela ne se reproduise plus, nous verrons bien mais j’ai peur qu’il y ait d’autres décès à l’avenir. Quand les riches s’amusent chez les pauvres, voilà comment je défini le Paris-Dakar.

Il faut vraiment s’interroger sur la poursuite du rallye. L’argent qu’il procure aux villages, les puits que l’on fore, doivent pouvoir être apportés aux populations d’Afrique sans que des vies ne leur soient volées.

Arnaud Mouillard – http://hern.over-blog.com/article-1638460.html
2006-01-19 08:01:46 de Hern

Les enfants du Dakar

Il y a cette belle scène au début de Lawrence d’Arabie : Sur la route de la révolte arabe, Peter O’Toole s’arrête en plein désert pour boire l’eau d’un puits. À cet instant, Omar Shariff, surgi de nulle part, lui interdit de boire l’eau de « son » puits. Une belle amitié naîtra de la confrontation mais l’idée reçue du spectateur a pris du plomb dans l’aile : le désert n’est jamais désert.
Paris Dakar. Le 18 janvier 1988, Jacques Houot et Jean Bernard Moles écrasent une petite fille de dix ans entre Bamako et Kayes au Mali. Au JT du soir, le présentateur parle de l’accident. Pas d’images. Il enchaîne sur le vol de la Peugeot de Vatanen. Images : le pilote heureux d’avoir retrouvé son auto. Le pilote heureux d’avoir retrouvé dans son auto, sa mascotte, une peluche nommée Victor. Ainsi la mascotte de Vatanen s’appelait Victor ! Mais comment s’appelait la petite fille ?
Rien de neuf sous le soleil
Dix huit ans plus tard, ce 13 janvier, Maris Saukans et Andris Dambis écrasent un petit garçon de 10 ans en Guinée. La télévision ne donnera pas son nom, mais aujourd’hui le net peut dire tout bas ce que la télé devrait dire tout haut. Le petit garçon s’appelait Boubacar Diallo. À part cela, rien de nouveau. Absence d’images. En 20 ans l’exigence de sécurité routière a beaucoup augmenté. On parle aujourd’hui ni plus ni moins de criminalité routière pour qualifier les comportements irresponsables. Pourquoi pourrions-nous faire ailleurs ce que nous croyons devoir nous interdire ici ? Pourquoi considérer là-bas comme un exploit ce qui, chez nous, serait lourdement puni ? Au lendemain de l’accident de 1988, Jean Pierre El Kabbach interviewe le co-pilote qui n’a qu’une seule inquiétude : la police a retenu le conducteur au commissariat. Que fait Gilbert Sabine pour le faire libérer ? Pas un mot pour la victime. On en pense quoi aujourd’hui de cette parole-là ? Un rallye est une épreuve sportive : belle mais dangereuse. Dans ces pays où les routes sont des pistes, on devine que l’état n’a pas pour priorité la sécurité automobile. Pas d’hélico pour surveiller les embouteillages. Pas de rond-points à chaque croisement. Peu de panneaux routiers. Pas de trottoirs, de pistes cyclables, de feux rouges, d’éclairage routier. On sait que les autorités locales ne pourront pas sécuriser le circuit. Ou insuffisamment. Non seulement les villageois qui viendront voir les concurrents ne seront pas plus prudents que ceux d’Europe au cours de manifestations du même type, mais ils seront plus ignorants des dangers. Un enfant de dix ans qui n’a jamais vu d’autoroute n’a aucune idée de ce qu’est une voiture roulant à 130 kms/heure. La voiture de Saukans et Dambis faisait du 130 km/heure. Si un automobiliste traversait un village du Brabant wallon ou de Franche Comté et fauchait un enfant à 130 km/h, que ferait la télévision ? Ne serait-ce pas la Une du JT ? N’aurions-nous pas droit à des témoignages ? À une reconstitution ? À quelques déclarations politiques fracassantes sur des projets de répression accrue ? Ne verrions-nous pas les parents en larmes, les voisins en colère, les camarades de classe en état de choc ? Le psychologue qui les assistera demain matin en classe ? Ne verrions-nous pas des images bouleversantes des obsèques ? Et là ? Rien ! Pas une seule image ! France Télévision a envoyé 14 équipes pour couvrir le récent congrès du PS français mais il n’y aurait pas une seule équipe disponible pour couvrir les tragédies du Paris Dakar, grande compétition française, événement annuel super médiatisé ? On a beau se dire que les journalistes sportifs sont peut-être moins doués que d’autres pour traiter les sujets de société, quand les athlètes israéliens furent pris en otages aux jeux olympiques de 1972 à Munich, n’ont-ils pas délaissé avec raison le stade fraternel pour l’arène sanglante ? Savoir s’il faut regarder le doigt ou la lune, ne serait-ce pas l’abc du métier ? Pourquoi aucun d’entre eux n’a-t-il eu le cœur et l’âme de descendre de son 4×4 et de nous raconter comment les habitants d’un village africain ont vécu la mort de leur enfant ? Ce qu’ils pensent, eux, de ce qu’il faudrait faire à l’avenir ? Avec le temps et les épreuves, on est pourtant censé apprendre. Des accidents mortels, le Dakar en a déjà connu beaucoup. Serait-ce la règle du récit sportif qu’ils passent éternellement par profits et pertes ? Que les chiens aboient, que les mères pleurent et que la caravane passe, méprisante, à travers tout. Qu’on se contente de dire que la course est endeuillée. Comme si c’était la course qui était endeuillée et non les familles des enfants morts?
Conscience endormie
Je n’ai pas de réponse à cette question : Pourquoi la télévision, ses journalistes, ses images ont-elles parfois cent ans de retard sur l’éthique des téléspectateurs ? Pourquoi, quand elle passe de la soirée 11-11-11 à l’étape du Paris Dakar, la télé change-t-elle totalement de discours et nous donne-t-elle soudain une image de colonialistes indifférents aux misères du monde ? Que disent, que font, ces rédacteurs en chefs, ces directeurs, ces PDG, ces conseils d’administrations, ces membres de Conseils supérieurs de l’audiovisuel, tous censés être les gardiens de la déontologie, de l’information citoyenne, de l’éthique du service public, des valeurs humanistes, passons-en et de plus hautes encore ? Qu’ils se taisent une fois, c’est déjà une fois de trop, mais pourquoi à jamais ? Année après année ? Comme s’ils étaient lassés de l’avoir tant dit alors qu’ils n’ont pas commencé de le dire ? Sont-ils aveugles à la contradiction et à l’indécence ? Ou se sont-ils endormis devant la télévision ?
Télé décodée
http://site.voila.fr/gheude/page6.html